Santé

Le Botox déride et lutte contre le cancer ?

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L'équipe Avenir de l'Inserm coordonnée par Thierry Galli vient de démontrer que la neurotoxine tétanique était capable de réduire la vitesse de migration des cellules épithéliales en agissant sur l'adhésion au substrat.

Fusion des vésicules endosomales dans une cellule épithéliale en migration. La toxine tétanique inactive la cellubrévine, ce qui affecte l'adhésion au substrat par les intégrines, et diminue la vitesse de migration. (schéma : INSERM)

Ces premiers résultats pourraient, à terme, ouvrir de nouvelles perspectives dans la maîtrise de la dissémination de cellules cancéreuses. Ces travaux sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Science. Ils sont accessibles on-line (voir lien ci-dessous).

Toxines tétanique et botulique ; ces neurotoxines sont connues du grand public pour leur utilisation récente dans la réduction des rides. Alors que ces toxines bactériennes paralytiques représentent encore un péril mortel particulièrement dans les pays en développement, elles sont salutaires en tant que médicaments lors d'une utilisation "domestiquée" en clinique humaine. Leur intérêt médical est de bloquer, localement, aux sites d'injection la libération de neurotransmetteurs et réduire les spasmes musculaires et dystonies (applications notamment en ophtalmologie, neurologie, ORL, gastro-entérologie, proctologie et gynécologie). Ces applications thérapeutiques résultent du blocage par ces toxines de la fusion avec la membrane plasmique des vésicules de sécrétion dans les neurones qui sont leurs cibles naturelles.

L'équipe de Thierry Galli (Equipe Inserm - Avenir) s'intéresse aux mécanismes moléculaires et cellulaires de la migration des cellules épithéliales. Les cellules épithéliales forment une couche cellulaire qui sert de barrière dans de nombreux tissus de l'organisme (peau, tube digestif, rein).

Dans les travaux publiés le 25 avril, Thierry Galli et ses collaborateurs montrent que la toxine tétanique, introduite dans des cellules épithéliales, inhibe leur capacité à se déplacer, en empêchant la fusion des vésicules de sécrétion avec la membrane plasmique.
Plus précisément, les chercheurs de l'Inserm montrent que la cellubrévine, la protéine cible de la toxine tétanique à la surface des vésicules de sécrétion des cellules épithéliales, est nécessaire, en temps normal, au mouvement des cellules. La cellubrévine en s'associant à la syntaxine, une protéine de la membrane plasmique, est responsable de la fusion des vésicules de sécrétion avec la membrane plasmique. De plus, les chercheurs de l'Inserm montrent que la voie de transport vésiculaire impliquant la cellubrévine est nécessaire au transport des intégrines, des molécules qui contribuent à l'adhésion des cellules au substrat, au cours de la migration cellulaire.

La migration des cellules épithéliales est étudiée sur des couches de cellules blessées mécaniquement (comme lorsque l'on se coupe la peau). Les cellules en bordure de la blessure migrent ensuite pour refermer la blessure. Les chercheurs filment la fermeture des blessures par vidéo-microscopie.

La découverte présentée par l'équipe Inserm pourrait ouvrir des perspectives d'applications en cancérologie, s'il apparaît que ces neurotoxines sont capables d'enrayer la migration des cellules épithéliales, et par conséquent, de freiner un des processus essentiels de la dissémination des cancers.

Les recherches doivent maintenant être poursuivies afin de mettre au point des toxines ciblant les cellules cancéreuses dont on peut ainsi espérer diminuer la dissémination métastatique à partir des tumeurs épithéliales.

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