Santé

Alerte à la maladie de Chagas en Ile-de-France

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Dans son dernier rapport hebdomadaire, l'Institut de veille sanitaire (INVS) révèle la progression en France d'une maladie infectieuse grave, la trypanosomose humaine américaine, ou maladie de Chagas, transmise par un insecte d'Amérique latine.

Le triatome, l'insecte vecteur. © Pan American Health Organization

Problématique en Amérique du sud, la trypanosomose humaine américaine (THAm, ou maladie de Chagas) est causée par un parasite du sang, Tripanosoma cruzi. C'est donc une trypanosomiase, comme la maladie du sommeil. Cette infection peut rester silencieuse durant vingt ou trente ans. Dans près d'un cas sur trois, elle provoque d'importantes complications digestives, neurologiques et cardiaques, lesquelles peuvent être mortelles (dans 6 % des cas selon l'Institut Pasteur). La maladie se transmet à l'homme par un insecte piqueur, le triatome, mais elle peut aussi se propager par transfusion sanguine et par transmission intraplancetaire (donc de la mère à l'enfant).

Dans les années 1970 et 1980, l'infection a connu une forte progression en Amérique latine, le Brésil étant le pays le plus touché, avec un développement plus rapide dans les zones urbaines et surtout dans les banlieues pauvres. L'insecte vecteur aime à vivre dans des recoins humides et affectionne particulièrement les fissures des toits et des vieux murs. La France et l'Union européenne ont pris des mesures pour réduire les risques de transmission par transfusion sanguine en Guyanne et aux Antilles. Après plus de dix années d'efforts sanitaires de la Pan American Health Organization et l'OMS (Organisation mondiale de la santé), la THAm a régressé dans tous ses foyers d'origine.

Le trypanosome, un parasite d'une famille dangereuse. © Pan American Health Organization

Mais depuis 2004, l'Institut de veille sanitaire (INVS) a recensé 18 cas en Ile-de-France, chez 17 personnes venant de Bolivie et chez une venant du Salvador. Dans l'étude rapportée dans son bulletin hebdomadaire, l'Institut rappelle que vivent en France aujourd'hui environ 60.000 personnes originaires des zones où sévit la maladie et que le nombre de cas réels est probablement supérieur. Le diagnostic, en effet, n'est pas si facile et des infections doivent parfois passer inaperçues...

Des cas similaires ont été rapportées en Suisse et Espagne, et impose des mesures de prudence. En France, depuis 2007, la détection du parasite est systématique dans les prélèvements sanguins. Il n'existe pour l'instant aucun traitement efficace à cette maladie et notamment pas de vaccins. Alors qu'un quart de la population d'Amérique latine reste menacée, par les conditions propices à la progression de la maladie, et que l'infection semble vouloir franchir l'Atlantique, des efforts sont actuellement entrepris pour trouver un remède.

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