Milk-shake à la fraise. © Sherry, Pixabay, DP

Santé

Le RV du Dr Cocaul : plus c'est bon, plus ça profite !

ActualitéClassé sous :gourmandise , obésité , dopamine

Une étude nous éclaire un peu mieux sur le déroulé des séquences cérébrales qui se jouent lors de nos prises alimentaires. Cela pourrait être une voie d'explication supplémentaire des troubles du comportement alimentaire et de leur impact sur la gestion du poids. 

L'étude conduite en Allemagne par le Max Planck Institute for Metabolism Research suggère que la dopamine libérée dans le cerveau active le circuit de la récompense lorsqu'un objectif est atteint et un désir assouvi mais ce d'autant plus que le produit proposé en bouche est palatable. Quand vous mangez, cela stimule le relargage de dopamine, une hormone rattachée au plaisir et qui est libérée au niveau de notre cerveau.

En l'occurrence, on a fait boire un délicieux milk-shake à un groupe de volontaires comparativement à un groupe témoin qui devait se contenter d'une solution sans goût. Pour boire ce bon milk-shake, vous deviez vous soumettre à une IRM cérébrale et à un PET scan (tomographie par émission de positons) afin de mesurer l'activité métabolique du cerveau des sujets testés. On a mis en évidence deux doses successives de plaisir rattachées à deux doses différentes de dopamine.

Le milk-shake, un plaisir à double détente

D'abord, lorsque l'on porte en bouche le milk-shake puis quinze à vingt minutes plus tard lorsque l'aliment arrive dans l'estomac, la surprise pour les chercheurs allemands fut que les deux doses ne font pas appel aux mêmes zones cérébrales.

La première salve de dopamine a lieu dans la zone cérébrale associée à la perception sensorielle et au circuit de récompense. La saveur du milk-shake activant un réseau orosensoriel. La seconde délivrance de dopamine fait appel à l'intestin avec remontée du neurotransmetteur vers les régions cérébrales affiliées aux fonctions cognitives supérieures.

Un délicieux milk-shake au chocolat. © Davidenglish6, Pixabay, DP

On parle de plaisir à double détente qui peut participer à l'explication de certains troubles du comportement alimentaire. Plus l'envie exercée par un aliment tend à être importante, plus la délivrance de dopamine est élevée dans le système cérébral faisant appel au circuit de récompense. Cela pourrait induire une différence de libération de dopamine selon les profils de mangeurs. Les gourmands privilégient la récompense et le plaisir immédiat tandis que les gourmets accordent plus de temps à délivrer la dopamine au niveau intestinal car ils prennent plus de temps à manger, à déguster, à savourer et pour finir à se rassasier.

Conclusion (temporaire) : entre les gourmands et les gourmets, il y a un cerveau de différence !

(Source Science et avenir février 2018  n° 852)

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En savoir plus sur le Dr Arnaud Cocaul

Le Dr Arnaud Cocaul est médecin nutritionniste, spécialisé dans la prévention de l'obésité et les troubles du comportement alimentaire en général. Il intervient dans les médias autour de sujets concernant la nutrition, et est favorable à une interface avec les médias. Il dispense des conférences grand public toujours dans l'esprit d'être un passeur et a participé à la réalisation d'une application ludique (Serious game) pour mobile, baptisée KcalMe.

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