Santé

L'expression des gènes hérités du père serait plus forte

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Même si vous ressemblez beaucoup à votre mère, une étude novatrice suggère que les humains, et les mammifères en général, sont plus proches génétiquement de leur père que de leur mère quand il s'agit de leur expression.

Le comportement des gènes et de l’ADN est une source de surprises inépuisables pour les chercheurs. On découvre sans cesse de nouveaux aspects complexes de la molécule de la vie et du bagage génétique des êtres vivants. Ce qui ne rend pas la tâche facile aux généticiens qui essaient de fournir des réponses aux questions des médecins. © Caroline Davis, Flickr, CC

Nous héritons de la même quantité de patrimoines génétiques de chaque parent, cependant il semblerait que les gènes provenant du côté paternel soient plus susceptibles de passer à l'action, à en croire une étude parue dans la revue Nature Genetics.

Les résultats de ces recherches menées sur des souris pourraient avoir d'importantes répercussions sur l'étude des maladies humaines, car ils révèlent que les mutations génétiques dont on hérite pourraient avoir des conséquences différentes selon qu'elles proviennent du père ou de la mère. Ces mutations génétiques sont associées à des maladies complexes, comme le diabète de type 2, les maladies cardiaques, la schizophrénie, l'obésité et de nombreux cancers.

« C'est une nouvelle découverte scientifique exceptionnelle qui rend possible une nouvelle zone d'exploration de la génétique humaine », explique le docteur Fernando Pardo-Manuel de Villena, spécialiste en génétique responsable de cette étude. La communauté scientifique sait depuis un certain temps que 95 gènes s'expriment différemment selon le parent dont ils proviennent, comme le note le chercheur, mais les nouveaux résultats révèlent que ce serait aussi le cas pour des milliers d'autres gènes.

Même s’ils partagent des gènes, deux enfants issus d’un même père et d’une même mère n’activeraient pas ces gènes de la même façon selon qu’ils viennent de leur père ou de leur mère. © Goodluz, shutterstock.com

Un outil pour comprendre et traiter les maladies génétiques

Pour mener leur étude, l'équipe de chercheurs a travaillé avec trois souches de souris à fort taux de consanguinité et au patrimoine génétique divers descendant de sous-espèces qui avaient évolué sur différents continents. Leur progéniture représentait neuf hybrides et chaque souche a été utilisée tant pour produire des mères que des pères.

Les chercheurs ont évalué leur expression génétique grâce à quatre types de tissus prélevés chez les souris adultes, notamment des cellules du cerveau. Ensuite, ils ont pu déterminer quelle quantité d'expression génétique provenait de la mère ou du père, et ce pour chaque gène compris dans le génome (l'ensemble du matériel génétique d'un individu codé dans son ADN).

« Nous avons trouvé qu'une majorité des gènes — environ 80 % — possédaient des variantes qui altéraient l'expression génétique », note le coauteur James Crowley de l'université de Caroline du Nord. Il précise « nous avons découvert un nouveau déséquilibre d'expression au niveau du génome pesant en faveur du père pour plusieurs centaines de gènes. Ce déséquilibre donnait lieu à des descendants dont l'expression génétique cérébrale était considérablement plus proche de celle de leur père ».

Grâce à ces recherches, les scientifiques disposent désormais de modèles génétiques de souris très divers qui prennent en compte l'origine des parents et permettront une approche plus ciblée des causes des maladies et des traitements possibles à l'avenir.

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