On apprend aujourd'hui dans l'édition en ligne de la revue Science que des cellules immunitaires prélevées chez des patients atteints de mélanomes, puis génétiquement modifiées pour reconnaître les cellules cancéreuses avant d'être réinjectées dans le corps des malades, se sont montrées capables de faire régresser, voire disparaître des tumeurs. Cependant, la méthode doit encore être améliorée : lors d'une étude préliminaire, seuls deux patients sur les dix-sept traités ont pu être guéris.

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    Une tumeur (zone sombre) ayant pratiquement disparu grâce aux lymphocytes T modifiés <br />(Courtesy of R. A. MORGAN ET AL./ SCIENCE)

    Une tumeur (zone sombre) ayant pratiquement disparu grâce aux lymphocytes T modifiés
    (Courtesy of R. A. MORGAN ET AL./ SCIENCE)

    Booster les lymphocytes T tueurs de cellules cancéreuses...

    Depuis près de vingt ans, l'équipe du National Cancer Institute (NCI) menée par Steven Rosenberg travaille sur les lymphocytes TT, et tout particulièrement sur leur capacité à vaincre les cancers. Il y a plusieurs années, les chercheurs avaient remarqué l'existence d'une catégorie particulière de ces cellules immunitaires, capables de s'attaquer aux cellules tumorales. En prélevant un échantillon de ces lymphocytes chez des patients, en les mettant en culture puis en les réinjectant, ils avaient constaté que la moitié des malades voyait leur cancer perdre du terrain. L'annonce de cette avancée scientifique avait été faite le 25 octobre 2002 dans la revue Science. Cependant, Steven Rosenberg avait découvert que tous les patients ne présentaient pas ces lymphocytes T « tueurs de cellules cancéreuses », aptes à détecter l'antigène à la surface des cellules. Ce qui suggérait que la technique mise au point par l'équipe n'avait qu'un champ d'applicationapplication limité.

    ...Et modifier génétiquement ceux qui sont aveugles

    C'est pourquoi, dans un deuxième temps, les chercheurs se sont lancés dans une thérapie génique. Dans le cadre d'une étude préliminaire, ils ont rassemblé 17 patients atteints de mélanomes en stade avancé, ne disposant pas de lymphocytes T « tueurs de cellules cancéreuses » et n'ayant pas pu être soignés par les traitements conventionnels. Après avoir extrait des cellules immunitaires de leur sang, ils leur ont inoculé, par le biais d'un rétrovirusrétrovirus, le gènegène codant le récepteur permettant d'identifier les cellules cancéreuses - celui que présentaient justement les lymphocytes « tueurs ». Enfin, ils les ont réinjectés dans le sang des malades et ont observé l'avancée des mélanomes.

    Chez quinze sujets, en l'espace de quelques semaines, les cellules modifiées ont proliféré au point de représenter au moins 10% de l'ensemble de leurs lymphocytes T. Deux hommes ont vu leurs cancers considérablement régresser. Pour le premier, âgé de trente ans et atteint d'un cancer des poumonspoumons, la tumeurtumeur a complètement disparu et n'a pas refait son apparition depuis plus de dix-huit mois. Le cancer du foiecancer du foie du second, un patient de cinquante deux ans, a nettement régressé, et sa tumeur à l'aisselle s'est totalement éclipsée.

    Selon Steven Rosenberg, le taux de succès reste certes très faible, mais il ne s'agit là que d'un début. Son équipe cherche à améliorer le traitement, en y ajoutant des moléculesmolécules censées guider plus efficacement les lymphocytes T vers les cellules cancéreuses. Autre point important de cette étude : la méthode ne semble pas induire de réponse auto-immune ni d'autres effets secondaires.