Le SARS-CoV-2 proviendrait de la chauve-souris. © Michal, Adobe Stock
Santé

Origine du SARS-CoV-2 : la thèse de l’accident de laboratoire écartée par l’Institut Pasteur

ActualitéClassé sous :Coronavirus , Pandémie , origine du coronavirus SARS-COV-2

Mais comment le coronavirus est-il apparu chez l'Homme ? Deux ans après le début de la pandémie, on ne sait toujours pas. Une publication de l'Institut Pasteur vient appuyer la thèse d'une transmission d'un animal, la chauve-souris, à l'Homme.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Visitez la première ville «spécial Covid» auto-suffisante  Un cabinet d’architecture espagnol a imaginé une ville écologique en bois autonome en nourriture, produisant son eau et son électricité. Un projet destiné à un nouveau quartier en Chine, mais qui a vocation à se développer avec les épidémies. Visite guidée en images. 

Le coronavirus apparu il y a deux ans en Chine bouleverse nos vies depuis deux ans maintenant et sans doute pour un certain temps encore ! Mais comment ce virus est-il né ? D'où provient-il ? L’enquête menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) il y a quelques mois avait conclu que l'hypothèse la plus probable était que le virus soit issu d'une transmission accidentelle de l'animal à l'Homme, sans pour autant pouvoir écarter l'accident de laboratoire. Une nouvelle étude publiée le 16 février 2022 dans la prestigieuse revue Nature par des chercheurs français de l'Institut Pasteur vient appuyer l'hypothèse d'un événement zoonotique. Alors que le pangolin avait initialement été incriminé, il s'agirait plutôt de la chauve-souris.

Des virus capables d’entrer dans les cellules humaines

Les auteurs de l’étude ont identifié trois virus ayant des séquences génétiques très proches du SARS-CoV-2. Ceux-ci ont été détectés chez des chauves-souris qui vivent entre le sud de la Chine et le nord du Laos et du Vietnam.

Ces virus sont capables d'entrer dans des cellules humaines via la liaison entre le récepteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (ACE2) des cellules humaines et le domaine de liaison de la protéine Spike du virus, comme le SARS-CoV-2. Les domaines de liaison des protéines Spike des trois virus identifiés ne diffèrent du domaine de liaison de la protéine Spike du SARS-CoV-2 que de quelques résidus (un ou deux). Les trois virus identifiés sont capables de se lier au récepteur humain de l'ACE2 avec encore plus d'affinité que la souche originelle du SARS-CoV-2. Plus intéressant encore, des anticorps anti-SARS-CoV-2 sont capables de bloquer l'entrée des virus identifiés par les auteurs.

Les virus identifiés sont très proches du SARS-CoV-2. © Naeblys, Adobe Stock

Une origine encore mystérieuse

En revanche, aucun des virus identifiés ne possède de site de clivage de la furine comme le SARS-CoV-2 actuellement en circulation. Cet élément est essentiel lors de l'entrée du virus dans la cellule ; c'est en partie ce qui le rend si contagieux. Comment le virus a-t-il pu acquérir une telle capacité ? Plusieurs hypothèses sont possibles. Soit le virus pourrait avoir circulé silencieusement chez l'Homme pendant un certain temps, jusqu'à ce que cette mutation le rendant si dangereux apparaisse. Soit il existe d'autres coronavirus chez la chauve-souris qui possèdent ce site furine et qui ne sont pas encore connus. Néanmoins, ces travaux écartent la thèse de l'accident de laboratoire. En effet, il est tout à fait possible que le SARS-CoV-2 que nous connaissons soit apparu naturellement, puisque des chercheurs ont pu en identifier plusieurs extrêmement proches.

Mieux connaître le virus nous permet de mieux le combattre. Et mieux comprendre comment il a pu se propager chez l'Homme est crucial pour tenter de prévenir d'autres pandémies.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !