Selon de nouvelles données, le groupe sanguin n'est pas un facteur de risque de la Covid-19. © tuckraider, Fotolia
Santé

Controverse autour du rôle du groupe sanguin dans la Covid-19

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[EN VIDÉO] 22% de la population serait plus vulnérable aux complications du covid-19  Environ 1,7 milliard de personnes, soit 22 % de la population mondiale, seraient atteintes de troubles de la santé susceptibles de causer des complications en cas d'infection par le virus Covid-19. C'est le résultat d'une étude mise en ligne par le CDC basée sur des relevés collectés tout au long du mois d'avril 2020 aux États-Unis.  

Le groupe sanguin est-il un facteur de risque face à la Covid-19 ? Contrairement à plusieurs études, des médecins américains ont observé que les groupes sanguins n'avaient aucune influence sur la sévérité de la maladie et le risque d'être infecté. Le débat est relancé.

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La Covid-19 peut être une maladie qui passe inaperçue autant qu'une maladie mortelle nécessitant une prise en charge lourde et aux conséquences durables. Les médecins ont rapidement voulu savoir s'il existait des facteurs de risque génétiques ou environnementaux qui permettent de prédire la gravité de la Covid-19. Plusieurs études ont identifié le groupe sanguin comme étant l'un d'entre eux. En effet, des médecins chinois et américains ont chacun observé qu'il y avait plus de personnes du groupe sanguin A admis en réanimation et que le coronavirus se fixait préférentiellement sur les cellules de ces mêmes personnes. Inversement, le groupe sanguin O protégerait des formes graves de la maladie.

Mais les médecins de l'Intermountain Medical Center Heart Institute de Salt Lake City, aux États-Unis, ne sont pas parvenus aux mêmes conclusions. Pour eux, le groupe sanguin n'a aucun effet positif ou négatif sur la susceptibilité au coronavirus et sur la sévérité de la Covid-19. Ils font part de leurs résultats dans une lettre de recherche parue dans Jama Network Open.

Groupe sanguin : facteur de risque ou pas ?

À Salt Lake City, les médecins ont réalisé une étude de cas-témoins à partir de données électroniques des patients de leur hôpital. Au total, 107.796 individus pour lesquels le statut d'infection au coronavirus, le groupe sanguin, ainsi que l'âge et le sexe ont été renseignés dans la base de données. Parmi eux, 11.468 personnes sont positives au coronavirus ; les médecins ont comparé le profil de celles ayant besoin d'une hospitalisation ou non, et celles ayant besoin de soins intensifs ou non.

Comme cela a été observé depuis le début de l'épidémie, l'âge est un facteur augmentant le risque d'hospitalisation. L'âge moyen des personnes hospitalisées est de 57 ans, contre 41,9 ans pour celles n'en ayant pas besoin. Le sexe est également un facteur augmentant le risque de sévérité de la maladie : 61,8 % des patients admis en soins intensifs sont des hommes. Mais aucun lien de ce genre n'a été observé pour les groupes sanguins. Parmi les infectés, la proportion de groupes O, A, B ou AB reste la même pour les personnes hospitalisées ou non, et pour celles nécessitant des soins intensifs ou non. Selon ces résultats, le type A ne constitue pas un facteur de risque d'être infecté, hospitalisé ou admis en soins intensifs en comparaison avec le type O.

L'odd ratio d'être infecté, hospitalisé et admis en soins intensifs pour le groupe A (colonne de gauche), pour le groupe B (colonne du milieu) et pour le groupe AB (colonne de droite) en comparaison avec le groupe O. © Jeffrey L. Anderson et al. Jama Network Open

D'autres études sont nécessaires pour y voir plus clair

Comment expliquer que d'autres chercheurs sont parvenus à la conclusion inverse ? Les scientifiques de Salt Lake City écrivent dans leur étude que « la taille réduite des échantillons et la nature rétrospective et observationnelle de nombreuses études antérieures, en plus de leur hétérogénéité dans les associations entre les groupes ABO et la susceptibilité et la gravité de la maladie, pourraient être dues à des variations fortuites, à un biais de publication, et à des différences du contexte génétique, de la géographie, de l'environnement, et des souches virales. » Ils considèrent ainsi que les groupes sanguins ne doivent pas être considérés comme un facteur de risque potentiel.

Cela ne remet pas forcément en cause les observations de l'équipe américaine sur le fait que le coronavirus se fixe préférentiellement sur les cellules des personnes du groupe A, mais si l'on considère ces résultats, cela n'a pas d'incidence sur l'infection et la sévérité de la Covid-19. Comme Rome ne s'est pas construite en un jour, la science, dans sa progression, fait parfois machine arrière. Dans le cas des groupes sanguins et de la Covid-19, d'autres études seront nécessaires pour parvenir à l'explication la plus probable.

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