La cyclophosphamide altère la paroi vasculaire et favorise l'adhérence des cellules cancéreuses. © Peterschreiber.media, Adobe stock
Santé

Paradoxalement, la chimiothérapie aiderait les cellules cancéreuses à se disséminer

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Si la chimiothérapie permet de lutter contre le cancer, elle a parfois des effets néfastes sur les autres cellules. Des effets qui peuvent aussi favoriser la dissémination du cancer.

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La chimiothérapie est un traitement très répandu pour soigner les cancers, avant ou après une chirurgie ou en complément d'une radiothérapie. Les médicaments de chimiothérapie agissent de façon systémique, à la fois sur les cellules cancéreuses et sur les cellules saines, ce qui a des conséquences parfois sérieuses. Des effets secondaires dus au traitement qui dépendent de la dose, de la molécule administrée et de l'état de santé du patient, mais aussi des changements au niveau cellulaire qui, paradoxalement, favoriseraient la dissémination des cancers.

C'est la conclusion d'une étude parue récemment dans International Journal of Molecular Sciences menée par l'université de l'État de l'Ohio, aux États-Unis. Les scientifiques ont observé l'effet de la cyclophosphamide (CTX), un anticancéreux utilisé pour lutter contre les cancers du sein, sur la paroi des vaisseaux sanguins et l'adhérence des cellules cancéreuses à ces derniers. 

Fragiliser la cohésion entre les cellules

Tout est parti d'observations faites dans une précédente étude réalisée par la même équipe : les souris qui ont été traitées par la CTX quatre jours après avoir reçu une injection en intraveineuse des cellules de cancer du sein ont plus de cellules cancéreuses dans les poumons que celles qui n'ont pas reçu la CTX. Ici, l'objectif est de décortiquer le mécanisme derrière ce phénomène. Le voici.

La CTX augmente la perméabilité des vaisseaux sanguins des poumons, c'est-à-dire que l'endothélium vasculaire, la couche de cellules en contact direct avec le sang, n'est plus aussi cohésif. La membrane basale, le socle sur lequel est ancré l'endothélium, est accessible. Or la membrane basale fournit des points d'accroche aux cellules cancéreuses en circulation dans le sang. La CTX augmente la concentration sérique de métalloprotéinase 2, des enzymes protéolytiques, capables de remodeler la membrane basale et augmenter son adhérence. Faut-il encore que la cellule cancéreuse puisse s'y ancrer.

Le mécanisme résumé de l'effet de la CTX sur les vaisseaux sanguins et l'adhérence des cellules cancéreuses. © Justin D. Middleton et al., The International Journal of Molecular Sciences

S'accrocher aux vaisseaux sanguins

Pour cela, elle dispose de « crochets » à sa surface. Ce sont les protéines transmembranaires de la famille des intégrines. Sans elles, les cellules cancéreuses ne peuvent pas profiter de la déstabilisation de l'endothélium vasculaire induit par la CTX.

La compréhension de ce mécanisme offre aux scientifiques plusieurs cibles pour limiter les potentielles conséquences néfastes d'un traitement à la cyclophosphamide. En jouant sur la métalloprotéinase 2, les intégrines et les laminines de la membrane basale, les scientifiques ont observé que les cellules cancéreuses n'adhéraient plus aussi facilement à l'endothélium vasculaire. L'adhérence aux vaisseaux sanguins est l'une des étapes clés qui permet aux cancers de se disséminer et de coloniser de nouveaux organes.

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