Des cellules cancéreuses en train de proliférer. © Steven, Fotolia

Santé

Chimiothérapie : une efficacité supérieure lors de la division des cellules cancéreuses

ActualitéClassé sous :cancer , biologie cellulaire , recherche

Les cellules cancéreuses sont des organites anarchiques qui se répliquent à tout-va. Afin d'endiguer la progression d'une tumeur, on utilise plusieurs traitements dont la chimiothérapie. Des traitements utilisés dans le but d'engendrer la mort des cellules cancéreuses. Malheureusement, des dommages collatéraux sont souvent au rendez-vous chez les cellules saines. Mais le moment où le traitement est inoculé aurait une grande importance pour le rendre plus efficace.

C'est une avancée importante que viennent de réaliser des chercheurs américains qui publient leur étude dans la revue Cell. Ces scientifiques ont découvert le moment propice pour maximiser les effets de la chimiothérapie en l'utilisant à des doses plus faibles. Ce serait pendant que les cellules cancéreuses sont en train de se diviser. Cela fait écho aux anciens travaux du Dr Francis Lévi concernant la chronothérapie

Comment cela fonctionne ? 

Nos cellules font constamment des choix. Doivent-elles envoyer tels signaux ? Doivent-elles « se suicider » pour laisser la place à d'autres cellules ? Les cellules cancéreuses soumises à des doses non létales de chimiothérapie doivent également faire un choix crucial pour l'espérance de vie des malades : dois-je proliférer de nouveau ou au contraire décroître, vieillir et mourir ? 

En oncologie, il existe un marqueur pour déterminer si les cellules cancéreuses sont sénescentes ou au contraire en pleine activité : la protéine inhibitrice p21. Son rôle est d'interrompre la progression du cycle cellulaire. En tout cas, c'est ce que pensaient les expérimentateurs jusqu'à présent. Sauf que dans leur expérience, les investigateurs se sont rendu compte qu'il existait une fenêtre temporelle précise, où si la production de p21 était retardée ou au contraire aiguë, les cellules allaient se diriger vers la sénescence. En revanche, si la sécrétion était intermédiaire, elles proliféraient de nouveau. Les auteurs appellent cela une « zone boucle d'or », en référence aux planètes Boucles d'or - une planète située dans la zone habitable de son étoile - car la zone de la courbe où la p21 induit une prolifération des cellules cancéreuses ressemble curieusement à cette représentation. 

L'effet des traitements inoculés avant, pendant ou après la division cellulaire. © Nature

À quoi servent ces résultats ? 

Ce modèle pourrait bien servir à mieux comprendre et mieux combattre les cellules cancéreuses lors de stade spécifique du cycle cellulaire, toujours dans l'optique de guérir le patient avec le moins possible d'effets secondaires. En effet, si l'on peut moduler la prolifération des cellules cancéreuses simplement en injectant moins de traitements au bon moment, ce sera un grand pas dans la lutte contre le cancer. Mais si cette étude est une grande avancée, tout reste à faire. « Il est maintenant temps de tirer parti de ces progrès pour déterminer s'il est possible de trouver des stratégies permettant de maximiser l'efficacité de notre arsenal actuel d'agents anticancéreux », précisent Yunpeng Liu et Michael T. Hemman, deux pairs des auteurs de l'étude.

  • Les cellules cancéreuses doivent décider si elles se répliquent ou non lorsque des doses non létales de chimiothérapie sont administrées au patient.
  • Grâce au taux de protéine p21, on sait maintenant qu'il est risqué d'injecter des doses non létales au mauvais moment.
  • En revanche, lorsque les traitements sont inoculés pendant la division des cellules cancéreuses, elles sont plus sujettes à se diriger vers la sénescence.
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