L'OMS et le Circ prévoient une augmentation des cas de cancers à l'horizon 2050 expliquée par l'allongement de l'espérance de vie et l'augmentation de la population mondiale, mais également par des facteurs de risques environnementaux, dont la pollution atmosphérique. Dans son rapport, le Circ pointe des disparités géographiques significatives en matière de dépistage et d'infrastructures limitant l'accès aux soins.

 


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    À l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l'OMS publie les estimations de ce fardeau à l'échelle mondiale. En 2022, 20 millions de nouveaux cas de cancer ont été dépistés. Et l'organisation s'attend à une augmentation de 77 % en 2050.

    Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) -- l'agence spécialisée dans le cancer de l'Organisation mondiale de la SantéOrganisation mondiale de la Santé -- vient de publier les chiffres de la maladie pour l'année 2022. Des estimations qui mettent en évidence deux tendances :

    • le fardeau croissant de la maladie (sociétal, financier, hospitalier...)) ;
    • l'impact disproportionné sur les populations peu ou mal desservies par les dépistages et l'accès aux soins. Car sur les 115 pays étudiés, 61 % ne financent pas les services de lutte contre le cancer, ce qui, pour les populations concernées s'expriment sur le terrain par un manque de moyens et d'infrastructures.

    En 2022, 20 millions de nouveaux cas de cancer et 9,7 millions de décès ont été recensés. « Environ une personne sur cinq développe un cancer au cours de sa vie, estiment le CIRC. Un homme sur neuf et une femme sur douze en meurent ».

     Malgré le progrès des techniques thérapeutiques, les cas de cancer vont exploser dans les années à venir, reflet du vieillissement de la population et la croissance mondiale. © Gorodenkoff, Adobe Stock
     Malgré le progrès des techniques thérapeutiques, les cas de cancer vont exploser dans les années à venir, reflet du vieillissement de la population et la croissance mondiale. © Gorodenkoff, Adobe Stock

    Les cancers les plus fréquents

    En fait, dix types de cancer représentaient les deux tiers des nouveaux cas et décès dans le monde en 2022. Le cancer du poumon demeure le plus fréquent -- et le plus meurtrier -- avec 2,5 millions de nouveaux cas (12,4 %). Suivi par le cancer du sein (2,3 millions de cas, 11,6 %), puis le cancer colorectal (1,9 million de cas, 9,6 %), le cancer de la prostate (1,5 million de cas, 7,3 %) et le cancer de l'estomac (970 000 cas, 4,9 %).

    Plus de 35 millions de cas en 2050

    Mais les estimations du CIRC n'annoncent pas une amélioration des chiffres. Plus de 35 millions de nouveaux cas de cancer sont en effet prédits pour 2050, soit une augmentation de 77 % par rapport à 2022. Une augmentation qui reflète à la fois le vieillissement et la croissance de la population. Mais aussi, et c'est là qu'il est possible d'agir, l'exposition toujours importante de la population aux facteurs de risque évitables que sont le tabac, l’alcool, les pesticides et l'obésité. La pollution atmosphérique restant un facteur clé des risques environnementaux.

    L'impact de cette augmentation ne se fera pas sentir de la même manière dans le monde. « Ceux qui disposent du moins de ressources supporteront le poids du fardeau mondial du cancer, déplore le Dr Freddie Bray, chef de la branche Surveillance du cancer au CIRC. Malgré les progrès réalisés dans la détection précoce des cancers et dans le traitement et les soins des patients, des disparités significatives existent non seulement entre les régions du monde à revenus élevés et faibles, mais également au sein des pays. Le lieu de résidence d'une personne ne devrait pas déterminer si elle peut vivre ».


    Cancers : une augmentation de 75 % à prévoir en 2030

    Article de Destination Santé, publié le 6 juin 2012

    Les cas de cancers devraient augmenter de 75 % à travers le monde d'ici 2030. Une nouvelle pas très réjouissante quand on sait que la maladie emporte chaque année plus de 7,5 millions de personnes. La hausse sera probablement très significative dans les pays les plus modestes. D'ici là, aurons-nous trouvé le moyen de soigner toutes les tumeurs ?

    Aujourd'hui déjà, les cancers sont la première cause de décès dans la plupart des pays riches. Or l'avenir ne laisse rien augurer de bon. Une prospective du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de l'OMS à Lyon, prévoit en effet rien moins qu'une hausse moyenne de 75 % d'ici 2030, de leur incidence dans le monde. Avec une progression encore plus spectaculaire dans les pays les moins favorisés.

    Dans les pays émergentsémergents par exemple, les cancers pourraient augmenter de 78 % d'ici l'échéance. Ce chiffre concerne le Brésil, l'Inde et la Chine qui à eux trois, représentent la très vaste majorité de la population vivant dans les quatre pays connus comme les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine). Quant aux pays en développement et ceux qui sont les moins favorisés, la progression de ces maladies pourrait y être de... 93 % !

    « Tous ces pays devraient sans doute voir baisser le taux des cancers d'origine virale - comme le cancer du col de l’utérus. Toutefois, ils souffriront sans nul doute d'une augmentation substantielle des cancers associés au mode de vie occidental. Il s'agit des cancers du seincancers du sein, de la prostateprostate et des cancers colorectaux », souligne Freddie Bray, un des auteurs de l'étude publiée dans The Lancet Oncology.

    L'incidence du cancer de la prostate, le plus fréquent chez l'homme, devrait continuer à augmenter dans les années à venir. Il n'est pas le plus dangereux et certains patients ne nécessitent même aucun traitement. © Annie Cavanagh, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0
    L'incidence du cancer de la prostate, le plus fréquent chez l'homme, devrait continuer à augmenter dans les années à venir. Il n'est pas le plus dangereux et certains patients ne nécessitent même aucun traitement. © Annie Cavanagh, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

    Prostate, sein, poumons : les cancers qui montent

    Deux cancers, ceux du sein et de la prostate, semblent devoir connaître une augmentation conséquente dans tous les pays. Et ceci quel qu'y soit le niveau de vie. L'incidence des cancers de l'estomac et du col de l'utéruscol de l'utérus, pour sa part, devrait diminuer dans les pays en développement et les pays riches. Les programmes de vaccination et de dépistage précoce, qui se développent dans ces deux groupes de pays, portent leurs fruits.

    Enfin l'incidence des cancers du poumoncancers du poumon manifeste une tendance à la décroissance parmi les hommes des pays riches. Le nombre de cas féminins au contraire, devrait y augmenter dans les années à venir. « Dans les pays en développement et les pays les moins favorisés, le cancer du poumon pourrait devenir un des cancers les plus répandus si le tabagisme n'est pas contrôlé rapidement », prévient Freddie Bray.

    Les auteurs se sont fondés sur la base de donnéesbase de données Globocan, développée par le Circ. Leurs hypothèses concernant les changements dans l'incidence des différents cancers ont pu être établies au regard des évolutions démographiques et dans les modes de vie prévues dans les différents pays pris en compte.