Masques : suivez-vous à la lettre les recommandations de l’OMS ? © Poi Natthaya, Adobe Stock
Santé

Masques : bon courage pour appliquer les nouvelles recommandations de l’OMS !

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[EN VIDÉO] Coronavirus : demain, tous masqués ?  SARS-CoV-2. Il est apparu en Chine en décembre 2019. Depuis, il a fait des dizaines de milliers de morts dans le monde. Pour limiter la propagation de ce coronavirus et en l’absence de traitement ou de vaccin, différentes mesures ont été imaginées. Parmi lesquelles, le port d’un masque. 

Après avoir déconseillé le port du masque au début de l'épidémie de Covid-19, l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) vient de publier un guide de bonnes pratiques sur le type de masque à utiliser, les endroits où le porter, les manipulations à faire et même les tissus à sélectionner. Des consignes à vous donner un bon mal de tête.

Au début de l'épidémie en Chine, l'OMS ne semblait guère préoccupée par la question des masques, qu'elle jugeait « inutiles pour les personnes saines et n'ayant pas voyagé dans une zone à risque ». Depuis, plusieurs études sont venues confirmer l’utilité du masque, même si la plupart font l'objet de biais intrinsèques de méthodologie. L'OMS et les autres organisations de santé se sont alors fendues de recommandations sur la façon dont il faut porter son masque, notamment afin d'éviter les contaminations accidentelles. Ces simples conseils, comme celui de ne pas toucher son masque une fois appliqué sur le visage, sont en soi déjà difficile à respecter de façon stricte.

Dans sa dernière mise à jour, mise en ligne le 5 juin, l'OMS a cru bon d'édicter un guide complet de 16 pages (en anglais et en petits caractères) sur l’utilisation du masque, recensant un nombre impressionnant de consignes dans les moindres détails. Futura vous en résume les grandes lignes concernant la partie grand public.

Quand faut-il porter un masque ?

Si l'OMS reconnaît que le port du masque - par une personne saine - est susceptible de prévenir une contamination contre le coronavirus, cette dernière n'est possible « qu'en cas de contact rapproché et prolongé », note le guide. Des contacts rapprochés uniquement possibles lorsqu'on est à proximité directe d'une personne infectée dans un foyer ou dans un rassemblement de masse. Un masque « non médical » pourra être utilisé dans les magasins, les églises et mosquées, les transports publics, ou au travail « lorsque les mesures de distanciation sociale ne peuvent être respectées » et uniquement « dans les zones où le virus circule activement ». La France étant aujourd'hui en intégralité en zone verte (à l'exception de la Guyane et Mayotte), on se demande qui cela concerne encore.

Quel type de masque utiliser ?

Les masques à usage médical doivent être « de forme rectangulaire », respirants, résistants à l'humidité, et comprendre trois à quatre couches de matériaux non tissés (polypropylène, polyéthylène ou cellulose). Ils garantissent une filtration des virus de minimum 95 %. L'efficacité de filtration des masques non médicaux, qui peuvent être fabriqués à partir d'un nombre « infini » de combinaisons et de formes est, elle, difficile à évaluer et peut varier entre 0,7 % et 60 %, indique l'OMS. Un mouchoir en papier ne filtrera que 0,48 % des aérosols, contre 7,4 % pour un bout de T-shirt en coton.

Le masque doit comporter minimum trois couches, voire quatre si le tissu est uniquement en coton. © macrossphoto, Adobe Stock

Masques en tissu : quel type de matériau et combien de couches ?

Un masque en tissu devra comporter « au minimum trois couches » selon le matériau choisi. Si vous optez pour du coton uniquement, il en faudra au moins quatre, et encore, le niveau de filtration ne dépassera alors pas 13 %. Oubliez les matériaux très poreux, comme la mousseline ou le gaze, ou les tissus élastiques comme l'élasthanne, qui n'offrent pas une efficacité suffisante. Il faut néanmoins prendre en compte la respirabilité, qui est altérée au fur et à mesure qu'on multiplie les couches. Voici la combinaison idéale selon l'OMS :

  • une couche interne en matériau hydrophile (coton ou coton mixte) ;
  • une couche externe du matériau hydrophobe (polyester ou polypropylène) ;
  • une couche intérieure « moyennement hydrophile » en matériau synthétique.

Les différents tissus devront en outre être résistants au lavage à 60 °C.

Masques en tissu : quelle forme choisir ?

Les masques en tissu comprennent ceux à pli plat en « bec de canard ». « Ils sont conçus pour s'adapter étroitement au nez, aux joues et au menton du porteur », les fuites d'air résultent en effet principalement d'un masque trop grand ou mal conçu. Le masque devra en outre « être maintenu en place confortablement, avec peu d'ajustements, à l'aide d'élastiques ou de liens ». Bref, oubliez les masques vendus en grande surface et faites du quasi-sur-mesure.

Comment laver et désinfecter son masque ?

Le masque doit être changé « dès qu'il est humide », préconise l'OMS (ce qui risque d'advenir en moins de cinq minutes quand il fait chaud et que l'on commence à transpirer). Tout masque usagé doit être emballé dans du plastique et mis dans un sac en attendant d'être lavé (pas question de le fourrer tel quel dans son sac à main). Pensez à vous désinfecter les mains immédiatement après. Le masque doit être lavé « à la plus haute température possible », avec du savon ou du détergent. Lavez le masque délicatement « sans trop de friction, d'étirement ou d'essorage » si vous utilisez des matériaux non tissés comme le polyester, précise le guide. Si vous n'avez pas d'eau chaude sous la main, frottez le masque avec du savon et de l'eau, et faites-le bouillir pendant une minute chrono. Autre option : laissez tremper le masque dans une solution chlorée diluée à 0,1 % pendant une minute, et pensez surtout à bien rincer après, « pour éviter tout résidu toxique ».

Ces recommandations partent certainement d'une bonne intention. Il suffit de se promener dans la rue pour constater la manière fantaisiste dont certains portent le masque (sur le menton, relevé sur le front, enlevé pour tousser ou téléphoner...) et comprendre que son efficacité demeure toute relative. La façon dont est rédigé le guide laisse d'ailleurs penser que l'OMS n'est toujours pas franchement convaincue de son utilité. Un tel amas de recommandations finirait presque par nous décourager nous aussi.

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