Image du site Futura Sciences
Jean Vannier

Jean Vannier

Paléobiologiste

La recherche scientifique qu'elle soit appliquée ou fondamentale (mieux connaître le monde, modéliser, prédir) ne saurait être un domaine d'activité déconnectéde la société. Plus que jamais, le chercheur doit être capable d'expliquer les enjeux scientifiques, ses démarches et ses résultats au spécialiste comme au grand public, aux adultes comme aux plus jeunes. Extraire l'essentiel et savoir le communiquer tel devrait être son objectif.Les nouveaux vecteurs d'informations et d'actualités scientifiques tels que Futura Sciences sont particulièrement aptes à établir ce dialogue indispensable entre science et société.

Découvrez sa

Biographie

  • Thèse de doctorat à l'Université de RennesRennes en PaléontologiePaléontologie suivie de séjours post-doctoraux dans plusieurs universités étrangères (Leicester, GB, Hambourg et Tokyo) en Sciences de la TerreTerre et Biologie Marine.
  • Entré au CNRS en 1991 à Lyon. Actuellement, Directeur de Recherche à l'UMR 5125 "Paléoenvironnements et Paléobiosphère", animateur de l'équipe "Paléoécosystèmes: structure et fonctionnement".

La transition Néoprotérozoique-Cambrien (environ 730-500 Ma) représente une période clé dans l'histoire de la vie sur notre planète, caractérisée par l'apparition de la quasi-totalité des phylumsphylums animaux actuels ("Explosion Cambrienne" (*)) et par une réorganisation complète de l'écosystèmeécosystème marin. En tant que paléobiologiste, j'essaie non seulement de dresser un inventaire de la biodiversitébiodiversité marine à cette période clé de l'évolution mais aussi de comprendre les moteurs de ces profonds changements intervenus il y a demi-milliard d'années, qu'ils soient génétiquesgénétiques, écologiques ou environnementaux. S'agit-il seulement d'une révolution génétique ayant ouvert la voie à de multiples innovations anatomiques et fonctionnelles ? L'apparition d'une organisation entièrement nouvelle de l'écosystème (ex: relations proies-prédateurs) a-t'elle accéléré la diversification biologique? Quel rôle les changements climatiqueschangements climatiques globaux de l'intervalle Néoprotérozoïque-Cambrien (glaciationsglaciations généralisées, réchauffements et effets de serreeffets de serre selon l'hypothèse de "Snow Ball Earth") ont-ils eu sur ces phénomènes évolutifs ? Autant de questions fondamentales auxquelles nous nous efforçons de répondre. Nous tirons actuellement l'essentiel de nos informations paléontologiques de gisementsgisements à conservation exceptionnelle du sud de la Chine (ex: Chengjiang, Province du Yunnan). Outre l'étude des fossilesfossiles sur le terrain et au laboratoire nous utilisons l'outil géochimique pour reconstituer les conditions paléoenvironnementales et les modèles biologiques actuels (organismes, biotopesbiotopes) pour l'interprétation des écosystèmes anciens.

  • J'étudie également avec mes collègues d'autres sites fossilifèressites fossilifères à conservation exceptionnelle comme celui de Montceau-les-Mines qui permet de reconstituer l'environnement aquatique continental au CarbonifèreCarbonifère et celui de Crayssac (Lot) dont la richesse en traces fossiles de vertébrésvertébrés (ex: ptérosaures, tortuestortues, dinosauresdinosaures) et invertébrésinvertébrés (crustacéscrustacés) permet de comprendre la colonisation des milieux littoraux (intertidaux et lagunaires) au MésozoïqueMésozoïque.
  • Coordinateur français d'un projet PICS (CNRS-Chinese Academy of Science) entre Lyon-Lille et Nankin. Ce projet centré sur l'étude de sites paléontologiques chinois permet des échanges réguliers de chercheurs entre les deux pays. Parmi les thèmes étudiés : 1) la structure et fonctionnement de l'écosystème marin au CambrienCambrien inférieur; 2) production primaire océanique à l'OrdovicienOrdovicien et ses implications paléoenvironnementales; 3) la biodiversité microplanctonique à la limite Permien-Trias; 4) la biodiversité et le contrôle climatique de la paléoflore mésozoïque (Jurassique-Crétacé inférieur).

Co-éditeur de la revue GEOBIOS (groupe Elsevier) revue internationale de paléontologie

Livres :

Image du site Futura Sciences

Comment est-on passé de la matièrematière inerte au vivant, il y a environ 3,5 milliards d'années?? Les éléments précurseurs de la vie sont-ils nés dans l'atmosphèreatmosphère primitive?? dans les océans?? ou sont-ils venus de l'espace?? Qui est apparu le premier, de l'ADNADN ou des protéines?? Quelle était la toute première cellule qui a ensemencé notre planète, dont tous les êtres vivants descendent et que l'on a baptisée LUCA (« dernier ancêtre communancêtre commun universel »)??
Quatre milliards d'années ! Unicellulaire jusqu'à il y a 800 millions d'années, la vie s'organise alors en colonies, puis en organismes pluricellulaires. Le monde vivant apparaît déjà très diversifié. Il y a 500 millions d'années, apparaissent la plupart des lignées animales actuelles (dont les arthropodesarthropodes et les vertébrés dont nous faisons partie), qui colonisent de nouveaux environnements marins. C'est ce qu'on appelle « l'explosion de la biodiversité ». La vie, jusque là essentiellement confinée dans l'eau, est prête pour la colonisation de la terre ferme et des airsairs.
Tome 1 d'une trilogie qui comportera un volumevolume sur la colonisation de la planète par le vivant et un autre sur les mécanismes de l'évolution, à paraître en 2008.

Découvrez son

métier

  • La Paléontologie aujourd'hui
La paléontologie apparaît à la fin du XVIIIe siècle. Parfois considérée, à tord, comme une discipline désuète tournée vers l'inventaire et la description systématique des fossiles, elle connaît actuellement un renouveau et s'intègre pleinement aux problématiques scientifiques d'aujourd'hui. Au-delà de leur statut d'objets, les fossiles sont devenus des outils essentiels à la résolution de questions fondamentales touchant à l'Evolution et donc à notre propre histoire. Ainsi, la paléontologie apporte des éléments de réponse concernant l'origine de la Vie (terrestre ou extraterrestre), la diversification des grandes lignées végétales et animales (dont celle de l'Homme) au cours du dernier milliard d'années, les grandes crises environnementales qui ont bouleversé notre planète (ex: extinctions, glaciations), le fonctionnement des écosystèmes anciens et les mécanismes évolutifs. La paléontologie se situe à l'interface entre Sciences de la Terre et Sciences Biologiques. Elle dispose aujourd'hui de techniques d'investigation puissantes permettant l'observation, l'analyse et la reconstitution tridimensionnelle des fossiles à des échelles variées (microscopie électronique, microsonde, tomographie, morphométrie). La géochimie appliquée au matériel fossile est une technique en plein essor dont les applications sont nombreuses : reconstitution paléoclimatiques, des régimes alimentaires, etc. En paléontologie, les objets étudiés vont de squelettes entiers à des microorganismes planctoniques préservés dans les sédiments océaniques en passant par les traces fossiles témoins de l'activité biologique. Actuellment, une importance particulière est donnée aux fossiles à conservation exceptionnels (animaux, plantes mais aussi molécules comme l'ADN fossile) qui livrent des informations de premier ordre sur l'anatomie, le fonctionnement et le génome des organismes anciens. Des revues prestigieuses telles que Nature ou Science publient régulièrement les résultats de travaux paléontologiques, preuve que la discipline est en prise directe avec l'actualité scientifique.
  • Le travail du paléontologue
Le travail de terrain reste une activité essentielle en paléontologie; c'est l'étape de la découverte. Il est suivi par un travail rigoureux d'observation et d'analyse. Les interprétations qui en découlent sont le fruit de la perspicacité du chercheur mais aussi d'un dialogue permanent avec les autres disciplines. Ainsi, les questions liées à la phylogénie nécessitent l'expertise de biologistes moléculaires. La reconstitution des organismes anciens et de leur environnement implique la participation de spécialistes travaillant sur le monde vivant actuel. La réalisation de modèles évolutifs, environnementaux ou paléogéographiques ou évolutifs implique des collaborations avec les sciences "dures" comme les mathématiques ou l'informatique. L'image du savant travaillant seul dans son laboratoire est révolue. Actuellement, les paléontologues travaillent le plus souvent au sein d'équipes et dans le cadre de projets définis, financés et donc limités dans le temps. Des programmes internationaux permettent des échanges scientifiques entre laboratoires français et étrangers. L'attrait de ce métier est résolument la grande liberté d'action. Passion de découvrir, sens de l'observation et esprit créatif sont trois qualités indispensables.
  • Comment devenir paléontologue
Suivre un cursus universitaire scientifique et obtenir un diplôme de doctorat sont les conditions requises pour devenir enseignant-chercheur ou chercheur CNRS. L'entrée au CNRS est soumise à une forte compétition (3 ou 4 postes par an). Les postes d'enseignant chercheur bien que plus nombreux nécessitent une bonne aptitude à la communication. Les paléontologues travaillent au sein d'unités de recherche (ex: les Unités Mixtes de Recherche du CNRS) basées sur les campus universitaires. Parmi les unités les plus importantes : Le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris
Paléoenvironnements et Paléobiosphère PEPS (UMR 5125), Lyon
Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier
Biogeosciences Dijon (UMR 5561)
  • Les associations
* Association Française de Paléontologie (APF) Contact: Prof. Didier Néraudeau
[email protected]
* Palaeontological Association (PalAss) - L'association anglaise de paléontologie parmi les plus actives dans le monde.
Palass
*European Palaeontological Association (EPA) Contact: Prof. Malcom Hart - [email protected]