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Cténophores : une orgie de couleurs

Dossier - Plancton : un monde d'organismes mystérieux
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L’expédition Tara Oceans et les Chroniques du plancton nous plongent dans le monde étonnant du plancton, ces êtres mystérieux qui peuplent les océans.

  
DossiersPlancton : un monde d'organismes mystérieux
 

Les cténophores ont longtemps été classés avec les cnidaires (méduses, siphonophores, hydraires des coraux) dans l'embranchement des coelentérés. Des études phylogénétiques récentes datent l'apparition des cténaires vers 600 - 800 millions d'années, peut-être même avant l'apparition des cnidaires.

Rippenqualle - Ctenophora. © Mbuetikofer - Shutterstock

Les cténaires diffèrent fondamentalement des cnidaires par le fait qu'ils sont hermaphrodites et par la présence de colloblastes, des organes non venimeux, utilisés pour la capture d'algues unicellulaires et autres proies microscopiques. Les colloblastes sont constitués de cellules collantes au lieu de cellules urticantes (cnidocytes) caractérisant les cnidaires. 

Les ctenes, rangées de palettes ciliaires des cténophores. Gros plan sur une rangée de palettes ciliaires – les ctenes – diffractant la lumière, et un filament pêcheur blanc. © C. Sardet CNRS

Morphologie des cténaires

Les cténaires présentent une symétrie bilatérale organisée autour d'un axe longitudinal oral-aboral défini par la bouche à l'avant et l'anus à l'arrière. Huit bandes longitudinales de palettes ciliaires iridescentes, les ctenes (d'ou le nom cténaire ou cténophore) réparties le long du corps permettent de les reconnaître.

Chaque palette ou « peigne » est constituée de longs cils fusionnés à leur base qui propulsent l'animal dans l'eau. Le battement des cils présente un léger décalage le long de chaque bande, de sorte que l'animal est propulsé vers l'avant en une nage lisse, sans à-coups. Quelques espèces se déplacent avec un mouvement de battement de leurs lobes ou d'ondulations du corps. Le sens et la vitesse du mouvement sont contrôlés par un statocyste et par des nerfs reliant le statocyste aux palettes ciliaires.

Prédation : Beroe mord et ingère Leucothea. Certains cténophores comme ce Beroe sont capables de mordre et d’ingérer des cténophores plus gros qu’eux – comme ici ce Leucothea – en dilatant leur bouche. À l’intérieur du Beroe on distingue les palettes ciliaires du Leucothea. © C. et N. Sardet/CNRS

Comme les cnidaires, les cténaires sont formés à partir de deux types de tissus embryonnaires, l'ectoderme et l'endodermeL'espace entre ces feuillets est comblé par des cellules voisines d'un mésenchyme. On a longtemps pensé que les cténaires ne possédaient que deux feuillets embryonnaires (ectoderme, endoderme) comme les cnidaires, mais la présence d'un troisième feuillet (mésoderme) est maintenant acceptée.

Classification des cténaires

Les cténaires se répartissent en deux classes distinctes :

  • les « tentaculés », dotés de deux tentacules contractiles qui émergent de deux poches situées de part et d'autre du corps ;
  • et les « nus » qui en sont dépourvus. 

Ils sont carnivores et attrapent de petites proies avec leurs colloblastes ou ingèrent d'autres cténophores parfois même des cténophores plus gros qu'eux.