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Un exemple : Sauvegarder le patrimoine Congolais

Dossier - Menace d'extinction de nos proches parents !
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Le temps est compté pour les gorilles, les chimpanzés, les bonobos et les orangs-outangs encore présents sur terre, déclarent l'UNESCO et le Programme des Nations unies pour l'environnement, coordonnateurs du Projet pour la survie des grands singes.

  
DossiersMenace d'extinction de nos proches parents !
 

Ces dix dernières années, la RDC a vécu l'une des périodes sombres de son histoire. Fuyant le génocide perpétré en 1994 dans leur pays, des Rwandais se sont réfugiés sur les marches orientales de la RDC qui abritent quatre des cinq sites naturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

Protégeons nos ancêtres ! © Hans De Bisschop CC BY-NC 2.0

En 1996, le conflit des Grands lacs s'est étendu à la RDC, et une guerre impliquant une demi douzaine de pays africains a éclaté.

Bonobo

Les cinq sites de la Liste abritent une biodiversité exceptionnelle, comportant des espèces rares d'animaux, dont certains endémiques, comme le bonobo, le chimpanzé et le rhinocéros blanc du nord, le gorille de montagne et l'okapi. L'intensification du braconnage, qui a fait chuter de manière spectaculaire le nombre de rhinocéros blancs avant qu'il ne se stabilise à 30 individus - et les autres graves infractions à l'intégrité des cinq sites - ont abouti à les faire inscrire sur la Liste du Patrimoine menacé d'extinction.

En 2000, l'UNESCO a lancé, en collaboration avec la Fondation des Nations unies, le gouvernement de la RDC et plusieurs organismes de protection de la nature, un programme de Conservation de la biodiversité en zones de conflit armé : préserver les sites du patrimoine mondial en RDC.

Virungas national Park Nat.parks, Gorillas Silverback Titus + group of mountain gorillas 1994 © UNESCO/Ian Redmond

Dans le cadre de ce projet, le personnel de terrain de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a reçu une aide accrue dans sa lutte acharnée pour protéger les sites. Le projet présentait également en volet «diplomatie de la conservation » destiné à sensibiliser les belligérants quant à la nécessité de préserver les sites du Patrimoine mondial.

En septembre 2000, lorsque « la paix a été déclarée », près de 200 représentants de régions profondément divisées par la guerre civile se sont joints à des écologistes internationaux et à des ministres, à Kinshasa, afin de dresser le premier Plan national du pays pour la survie des grands singes.

Gorille

Première nation à avoir mis en place avec succès un tourisme axé sur les gorilles dès les années 1970, la RDC était impatiente d'accueillir le retour des passionnés du chimpanzé, dès lors que leur sécurité pouvait être assurée. Parmi les experts se trouvaient des membres du gouvernement, du Parlement, de la police et de l'armée (l'armée congolaise comporte une unité de protection de la nature) des universitaires, des juristes, des ONG de communautés ou d'écologistes, le PNUE, l'UNESCO et le PNUD.

Les participants à la réunion ont recommandé d'enquêter rapidement sur les zones peu connues afin de déterminer quelles espèces de grands singes survivaient et dans quelles régions, notamment dans la forêt du Mayumbé, située dans le Bas-fleuve dans la continuité des forêts de l'enclave de Cabinda de l'Angola. Le Parc national Maiko, qui abrite une nombreuse population de gorilles des plaines orientales, avait lui aussi besoin d'être réhabilité d'urgence.

D.R. Congo Kahuzi-Biega National Park Parks, World Heritage. Park staff with elephant and gorilla skulls 2000 © UNESCO/Ian Redmond/Born Free Foundation

Aux mains des rebelles, à l'époque, 90 % du Parc national de Kahuzi-Biega devaient être réhabilités sans délai ; il fallait déterminer si quelques grands mammifères avaient
survécu aux massacres perpétrés par les braconniers de «viande de brousse» pour alimenter les ouvriers des mines de coltan. La réunion a également recommandé de créer des emplois dans les régions rurales pauvres, comme autour du village de Lomako, habitat de bonobos, afin de se concilier l'appui des communautés pour protéger des grands singes.

Les participants ont demandé le renforcement des lois protégeant ces animaux et lancé une campagne pour sensibiliser les services chargés d'appliquer la loi. Il fallait réunir rapidement des fonds pour les sanctuaires qui prennent soin des bébés singes.

En septembre 2004, le Centre du Patrimoine mondial, à l'UNESCO, et les scientifiques de l'UNESCO travaillant au programme l'Homme et la biosphère ont organisé la première conférence internationale de donateurs et l'Atelier technique pour la promotion et la sauvegarde du Patrimoine congolais. La conférence a rédigé un Plan d'action d'urgence et lancé un partenariat mondial pour soutenir le développement durable du patrimoine congolais en RDC, qui inclut les sites du Patrimoine mondial.

Kahuzi-Biega National Park Nat.parks, gorillas Mugaruka, a silverback eastern lowland gorilla in the Kahuzi-Biega national Park, eastern D.R.C. © UNESCO/Ian Redmond/Born Free

Sur les 50 millions de dollars des É.-U. recueillis par cette conférence, l'Union européenne a fourni 12 millions disponibles immédiatement, dont 5 pour les Parcs nationaux de Virunga et Salonga. Le PNUD a mis sur la table 6 millions pour la mise en œuvre immédiate du projet.

D'autres bailleurs de fonds ont généreusement promis leur aide, parmi lesquels USAID/CARPE (15 millions), la Banque mondiale (10) et la Belgique (1,2). La conférence se doublait d'une exposition au siège de l'UNESCO, ouverte au grand public, du 10 au 24 septembre. Conçue par le Musée royal d'Afrique centrale de Tervuren (Belgique), l'exposition illustrait les liens entre les populations humaines et la nature, à l'aide d'objets ethnographiques, de vidéos, de cartes, de panneaux et d'animaux naturalisés.