Cette population bovine avait participé à des concours avant 1870 sous le nom de race franco-suisse. Et c'est en 1872, nous l'avons déjà dit, que la dénomination de « race montbéliarde » fut utilisée pour la première fois. C'est sous ce nom qu'un lot avait été présenté par le comice agricole de Montbéliard à l'Exposition universelle de Paris en 1889.

Génisses prêtes pour la montée en alpage. © Poncetdespontets, Wikimedia commons, CC by-sa 4.0
Génisses prêtes pour la montée en alpage. © Poncetdespontets, Wikimedia commons, CC by-sa 4.0

Elle fut reconnue la même année et le Herd-Book était créé le 2 décembre 1889. Parmi les personnalités qui ont joué un rôle dans la reconnaissance de la race, il faut citer Gustave Cuvier, président du comice de Montbéliard ; M. Boulland, vétérinaire à Montbéliard, vice-président du comice et qui sera le premier président du Herd-Book, M. Vassilière, inspecteur général de l'AgricultureAgriculture et Jules Viette, député de Montbéliard et ministre de l'Agriculture en 1889.

Vaches de race montbéliarde. © UPRA - Tous droits réservés
Vaches de race montbéliarde. © UPRA - Tous droits réservés

La race montbéliarde s'impose sur le marché

Dès cette époque les options prises par les fondateurs de la race se sont révélées judicieuses et témoignent d'un sens aigu des réalités économiques. L'image de marque de la montbéliarde allait ainsi rapidement s'imposer dans son identité et son originalité. L'orientation laitière a permis d'assurer l'approvisionnement des fruitières qui se sont développées après 1900 jusque dans les zones de plaine et des débouchés importants ont été conquis pour la fourniture d'animaux aux laitiers du midi de la France. Ainsi rien que pour l'année 1910, il est parti de la gare de Morteau 4 000 vachesvaches laitières. Ce marché qui s'est étendu par la suite à l'Algérie est resté extrêmement important pour les éleveurs montbéliards jusque dans les années 1950.

Important cheptel. © UPRA - Tous droits réservés
Important cheptel. © UPRA - Tous droits réservés

Très rapidement en effet, la race montbéliarde s'était imposée dans toute la partie montagneuse du Doubs. Elle a reçu l'appui des éleveurs du Val de Morteau qui, sous l'impulsion de Joseph Mamet des Fins et avec la création des syndicats d'élevage, allaient lui donner ses vraies lettres de noblesse.