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Scénario et conduite à tenir

Dossier - Les colosses de l'Equateur
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Ce triptyque sur les volcans fascinants est réalisé par des scientifiques de l'IRD, après ceux de l'Equateur, les vocans du Vanuatu, et du Chili...

  
DossiersLes colosses de l'Equateur
 

En raison de l'ouverture du cratère vers l'ouest, du rempart formé par l'édifice ancien du Rucu Pichincha et de la position des dômes en amont du Rio Cristal, la capitale est relativement protégée des nuées ardentes.

 Le 14 août 2015, le Cotopaxi est entré en éruption. Culminant à 5897 m, il est l’un des volcans actifs les plus hauts du monde. Il est considéré par les volcanologues comme l’un des plus dangereux. ©IRD - Olivier Dangles

Cependant, la dislocation progressive du dôme de 1660 peut devenir dangereuse. En effet, une explosion un peu plus forte que celles qui se sont déjà produites pourrait aboutir à l'ouverture de la cheminée, à la décompression rapide du stock de magma sous jacent et entraîner une éruption plinienne du même type que celle de 1660. En terme de volume de produits émis, une telle éruption serait au minimum cent fois supérieure aux explosions qui ont déjà eu lieu, et les conséquences pour la ville de Quito en proportion. Il faudrait donc s'attendre, en plus d'une épaisse couche de cendres et de lapillis sur les quartiers ouest de Quito, à la formation de coulées boueuses dans les zones les plus basses de la ville.

Pour imaginer les conséquences catastrophiques d'une telle éruption, il suffit de se rendre compte des effets d'une explosion très modérée: le 25 novembre 1999, les vents ayant ramené les produits vers l'Est, 3 mm de cendres sont tombés sur Quito. Cet événement a occasionné de graves problèmes: fermeture pour plusieurs jours de l'aéroport international, des écoles, collèges et lycées, problèmes de santé publique... Au cours d'une éruption du type de celle de 1660, la zone de Lloa pourrait être touchée par des nuées ardentes liées à l'effondrement gravitaire de la colonne éruptive. Les scientifiques s'attachent actuellement à définir les signaux précurseurs d'un événement de ce type.

Il est conseillé à la population de constituer des stocks de nourriture et d'eau, de piles, de recharges de gaz (cartouches, bonbonnes) destinées à l'éclairage et à la cuisine; cela pour environ une quinzaine de jours. De même, il est primordial de s'équiper de masques anti-poussière (une quinzaine par personne), de lunettes de protection et de médicaments de première nécessité (en particulier collyres et médicaments anti-diarrhéiques), de disposer d'une radio à transistors pour suivre les
avis et directives officiels.

En bref, il s'agira de supporter au mieux le blocage complet de la ville (pas d'eau, pas d'électricité, voies de communication impraticables, poussières en suspension dans l'air...), puisque a priori une évacuation généralisée n'est pas envisageable.