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Dossier - Biodiversité : conservation, utilisation durable et équitable
DossierClassé sous :développement durable , biodiversité , espèce

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La diversité biologique - ou biodiversité – désigne la variabilité des organismes vivants de toute origine (des plantes aux animaux, et microorganismes). La biodiversité se définit donc relativement à la variété des espèces : en 2000, environ 1,8 millions d'espèces étaient connues - en majorité, des espèces de petites dimensions, comme les insectes - , mais les scientifiques évaluent le nombre d'espèces existant à environ 13 millions (certaines estimations variant entre 3 à 100 millions d'espèces).

  
DossiersBiodiversité : conservation, utilisation durable et équitable
 

La convention sur la diversité biologique (CDB) (point de vue de l'IUCN) adoptée à Rio en 1992, est le cadre principal de l'action pour la préservation et l'utilisation durable et équitable de la diversité biologique. Elle fixe trois objectifs principauxla conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments, et le partage juste et équitable des avantages découlant del'exploitation de ses ressources génétiques.

Elle aborde la biodiversité sous un angle global, et non sectoriel, où sont également traités : la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes. Elle reconnaît que les Etats 'ont le droit souverain d'exploiter leurs propres ressources selon leur politique d'environnement' (art.3), et les invitent à assumer la responsabilité de leur biodiversité en élaborant des stratégies et plans d'actions nationaux en faveur de la biodiversité (art.6), à assurer la gestion de celle - ci, notamment dans un esprit de collaboration interétatique pour les ressources à caractère transfrontalier (art.9). Elle appelle à une prise en compte des besoins des pays en développement, pour lesquels il convient d'attribuer des ressources financières nouvelles et additionnelles (art. 20), et de faciliter l'accès aux ressources génétiques, à l'information et aux techniques pertinentes (art.15-19). Le FEM (Fonds pour l'Environnement Mondial) est l'instrument de financement de la CDB.

La CDB offre un cadre pour la mise en synergie et la collaboration entre les différents autres accords internationaux, dont notamment la Convention relative aux zones humides d'importance internationale (Ramsar), la Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel (Convention du patrimoine mondial), la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, (point de vue de l'IUCN), la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Bonn), les réunions des conventions relatives aux mers régionales et les Forums Mondiaux sur la diversité biologique. La coordination entre ces différents accords multilatéraux en environnement a été favorisée par la restructuration du PNUE engagée depuis l'examen quinquennal des résultats de la CNUED (Rio + 5). Le protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques, adopté à Montréal en 2000, est le premier traité mondial sur l'environnement qui institue concrètement le principe de précaution: contre toute attente, les Européens et les pays en développement y ont obtenu gain de cause sur son application en matière d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Le principe de précaution pourra être invoqué à l'appui des procédures d'accord préalable en connaissance de cause garantissant que les pays importateurs disposent des informations requises à la prise de décision avant d'accepter toute importation d' OGM sur leur territoire.

A l'échelle de l'Europe, la CDB est déclinée au travers de la convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe. Le PNUE a mis en œuvre le programme du PNUE pour la biodiversité en Europe, qui vise principalement à permettre la mise en œuvre de la stratégie paneuropéenne de la diversité biologique et paysagère, adoptée par les 54 Etats de la Commission Economique pour l'Europe des Nations Unies (secrétariat assuré par le Conseil de l'Europe), et à assister la mise en oeuvre de stratégies nationales dans les pays de l'Europe centrale et de l'Est au travers du Service Biodiversité. L'un de ses programmes est le 'Clearing House Mechanism'.

En 1998, la Commission Européenne a adopté sa Stratégie communautaire en faveur de la diversité biologique (COM(1998)042) qui demande la rédaction de plusieurs Plans d'Action en vue d'intégrer la biodiversité dans le travail en cours des autres secteurs : le Plan d'action relatif à la biodiversité dans la politique de coopération en matière d'économie et de développement, mais aussi les Plans d'actions en faveur de la biodiversité dans les domaine de la protection des ressources naturelles, de l'agriculture et de la pêche firent l'objet de communication en 2001 (l'avis de l'IUCN). Le Centre d'échange de la Communauté européenne (EC-CHM) constitue également un moyen d'échange des informations relatives à la diversité biologique.