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Introduction sur les prévisions climatiques

Dossier - Réchauffement climatique : la question des forçages
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En climatologie, on parle de forçage pour désigner les perturbations dans l'équilibre énergétique de la Terre, qui engendrent des changements de températures. Ces forçages sont fluctuants et pourtant déterminants dans l'évaluation et la prévision du réchauffement climatique.

  
DossiersRéchauffement climatique : la question des forçages
 

Le réchauffement climatique est toujours présenté en parallèle à des prévisions climatiques des décennies suivantes, en comparaison avec les températures passées. Quelques précisions sont à donner sur ces prévisions climatiques.

Les inondations gigantesques du Queensland sont une des manifestations de La Niña qui est elle-même une des phases de l'oscillation ENSO (El Niño, Southern Oscillation). Les implications de cette oscillation concernent une grande partie des régions subtropicales et au-delà. Elle module en particulier l'intensité de la mousson asiatique. © DR

Précisions sur les prévisions climatiques

Tout d'abord, il faut dire et redire que les prévisions climatiques présentées à ce jour ne cherchent pas à déterminer l'évolution précise des conditions météorologiques ici ou là mais qu'elles ne cherchent qu'à préciser une tendance générale qui sera, bien entendu, modulée par les oscillations internes au système climatique et les forçages naturels.

Cela se traduit par le fait qu'on prévoit un réchauffement de X degrés pour la période 2070-2099 mais pas pour l'année 2099 elle-même car, pour elle, on ne sait pas. La prévision de l'évolution du climat aux échelles de temps inférieures ne fait que commencer, on en verra bientôt les premiers résultats, en particulier lors du prochain rapport du Giec mais on peut déjà s'attendre à une importante dispersion pour une année donnée.

C'est qu'il s'agit de prévoir des phénomènes liés au couplage océan-atmosphère à l'échelle de bassins tels que le Pacifique (Pacific Decadal Oscillation par exemple) ou de l'Atlantique (North Atlantic Oscillation) alors même que l'on dispose de peu de recul sur ces phénomènes et qu'on les connaît donc mal. Il n'empêche que c'est en marchant qu'on apprend à marcher et que l'intérêt de la chose est à la hauteur des risques : il faut donc le faire et ça sera fait. Dans ce qui suit, nous en restons aux projections climatiques et nous ne parlerons donc plus des questions relatives aux oscillations.

Si l'intérêt de la prévision décennale est évident, ne serait-ce que par la possibilité de vérification que cela offre à relativement courte échéance, il n'en reste pas moins que la connaissance des tendances à long terme est essentielle puisqu'elle conditionne d'éventuels comportements adaptatifs (qu'on songe un peu à ce qu'il aurait été nécessaire de faire si la canicule de 2003 s'était déjà renouvelée deux ou trois fois depuis lors !).