Les serpents pour mesurer la radioactivité

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Oubliez votre compteur Geiger : les serpents sont un excellent moyen pour mesurer la radioactivité des sols contaminés, selon une étude de l'université de Georgie. « Le mouvement limité des serpents et son contact étroit avec le sol contaminé sont des facteurs clés de leur capacité à refléter les différents niveaux de contamination », expliquent les chercheurs, dont les travaux ont été publiés dans la revue Ichthyology & Herpetology.

L'équipe a équipé neuf serpents de traqueurs GPS dans la zone d'exclusion de Fukushima (Japon) et cartographié leurs déplacements pendant un mois. Ils ont ainsi pu suivre précisément à quel moment précis les serpents étaient dans les arbres ou sur le sol, à l'intérieur des forêts ou dans les bâtiments. Ils ont constaté une forte corrélation entre le niveau de radiation du sol et le niveau de radiocésium mesuré chez les serpents. Contrairement aux sangliers, aux ratons laveurs ou aux oiseaux, qui sont des espèces très mobiles, les serpents parcourent au maximum 65 mètres par jour, ils peuvent donc servir d'indicateur fiable de la contamination d'une zone précise. « De plus, ils ont une durée de vie relativement longue et sont largement répandus », souligne James Beasley, coauteur de l'étude.

Les chercheurs ont aussi constaté que l'exposition des serpents à la radioactivité augmente durant l'hiver, lorsqu'ils cherchent un abri sous terre, à proximité des sols les plus fortement contaminés. Selon leurs conclusions, cette méthode pourrait être appliquée à d'autres zones comme Tchernobyl pour mieux comprendre les impacts des accidents nucléaires.

Les serpents ont été équipés d'émetteur GPS pour suivre leurs mouvements. © Hannah Gerke
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