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Pourquoi les pics n'ont pas mal à la tête

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Les pics peuvent taper de leur bec plus de 10.000 fois dans la même journée, ils n'auront pourtant pas mal à la tête. De quoi rendre les migraineux jaloux ! Des scientifiques viennent de dévoiler les secrets anatomiques de ces oiseaux.

Le pic épeiche tape son bec contre l'arbre mais – semble-t-il – n'a pas mal à la tête. © Wojsyl, Wikipédia, cc by sa 3.0

Pour se nourrir, les pics (Picidés) frappent comme des forcenés sur l'écorce des arbres afin d'y attraper les insectes xylophages et saproxylophages qui y vivent et s'en nourrissent. Ils font appel au même procédé pour creuser un nid, voire pour se faire entendre des femelles alentour. Leur résistance force le respect : les pics percutent les troncs à une vitesse de 6 à 7 m/s. Ils effectuent entre 10 et 20 coups à la suite et chacun d'eux dure environ 50 ms. Par jour, ils cognent près de 12.000 fois leur bec sur la surface d'un tronc. Et pourtant, ils n'ont pas mal au crâne. Quel est leur secret ?

Les scientifiques s'interrogent sur une telle résistance depuis plusieurs années. En 2006, l'originalité de ce sujet n'avait pas échappé aux facétieux rédacteurs de la revue Annals of Improbable Research, qui avaient décerné le prix IgNobel 2006 d'ornithologie à deux biologistes américains, Ivan Schwab et Phillip May, pour leur étude sur la question.

Des idées pour les fabricants de casques ?

Aujourd'hui, des chercheurs prennent le relais, et mettent en évidence chez le pic épeiche (Dendrocopos major) trois structures anatomiques lui permettant d'encaisser les chocs sans se blesser. Les résultats sont publiés dans Plos One.

La première arme de protection est un os, l'hyoïde (également présent chez les humains, au-dessus de la pomme d'Adam). Grâce à sa forme spécifique, il englobe l'ensemble du crâne, à la manière d'un casque. Le deuxième élément est une différence de longueur entre les deux parties du bec, ce qui atténue les chocs.

Enfin, des petits os à la texture spongieuse, répartis sur la surface du crâne, amortissent les coups, comme l'avait remarqué l'équipe américaine. C'est donc un ensemble d'adaptations anatomiques qui a permis aux pics de développer un comportement alimentaire si atypique. Les recherches donneront certainement des idées aux ingénieurs pour la fabrication de casques de protection chez les humains...

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