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En images : 200 nouvelles espèces en Papouasie-Nouvelle Guinée

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En deux expéditions dans les forêts profondes de Papouasie-Nouvelle Guinée, l'ONG Conservation International a déniché 200 nouvelles espèces de végétaux et d'animaux, du rhododendron à la grenouille miniature.

Ce phalanger, du genre Distoechurus, est un petit marsupial endémique de la Nouvelle Guinée et est déjà connu, mais son espèce n'a pas encore été décrite. Celui-ci, surpris dans les monts Muller, à 1.600 mètres d'altitude, s'est aventuré près des pièges lumineux installés par les entomologistes pour attirer les insectes. © CI / Stephen Richards

Une souris des montagnes, un petit marsupial, 24 grenouilles, une centaine d'insectes et autant d'araignées, avec neuf plantes en prime : la moisson de quelque 200 nouvelles espèces, jamais décrites ou jamais vues, a été excellente. Par coïncidence, l'annonce survient quelques jours après la conclusion du programme Census of Marine Life, et la présentation de 6.000 espèces marines.

Ce beau travail est l'œuvre d'une ONG, Conservation International, basée à Washington (États-Unis), qui a lancé en 1990 un « Programme d'évaluation rapide », ou RAP pourRapid Assessment Program. Depuis, 63 expéditions et diverses études ont permis de décrire environ 700 espèces potentiellement nouvelles.

Ces superbes yeux roses se remarquent de loin. Ils appartiennent à une sauterelle repérée dans les monts Muller, classée parmi les Phaneropterinae, des orthoptères de la famille des tettigoniidés. © Piotr Naskrecki, iLCP

La dernière livraison, qui vient d'être présentée, repose sur deux expéditions réalisées en 2009 dans les montagnes de Papouasie-Nouvelle Guinée, un état indépendant qui occupe la moitié est d'une grande île, la Nouvelle Guinée, en Micronésie, baignée par les eaux du Pacifique.

La première, en avril, a conduit les scientifiques dans les monts Nakanai, non pas sur l'île principale du pays mais sur l'île de Nouvelle-Bretagne (à l'est). C'est une véritable exploration qu'il a fallu mettre en place pour progresser à pied, en canoë, en hélicoptère ou en petit avion pour atteindre les hauteurs d'une forêt tropicale très mal connue.

À chaque région sa mini-grenouille. Dans les monts Nakanai, l'équipe de Conservation International a découvert en avril 2009 un anoure de 2 centimètres. En septembre, dans les montagnes Muller, les biologistes repèrent cette nouvelle espèce, Choerophryne sp. Nov., reconnaissable à son museau pointu. © Piotr Naskrecki, iLCP

Des territoires encore largement inconnus

C'est là, à 1.590 mètres d'altitude, que les explorateurs de la biodiversité ont découvert une petite souris à queue blanche, que l'on ne sait apparemment classer dans aucun genre connu. Dans la même région, a été repérée une curieuse petite grenouille de seulement deux centimètres de longueur. Les biologistes l'apparentent à un groupe qui n'était connu jusque-là que dans les îles Salomon.

En septembre 2009, une équipe a parcouru les hauts plateaux de Muller, dans la province de Southern Highlands. Les scientifiques, dont Leeanne Alonso, directrice du RAP, ont établi trois camps, où ils sont restés à chaque fois une semaine, à 500, 1.600 et 2.875 mètres.

Dans les monts Muller, les scientifiques ont découvert un rhododendron d'une espèce nouvelle et pourtant très commun dans cette région. La Nouvelle Guinée est connue pour abriter une grande diversité de ces plantes de montagnes, que l'on appelle aussi azalées. © Wayne Takeuchi

La pêche s'y est révélée particulièrement bonne pour les sauterelles, dont l'une (une Phaneropterinae) attire l'attention avec ses yeux roses bonbon, mais aussi pour les fourmis et, là aussi, les grenouilles.

Ces régions sont connues pour leur biodiversité remarquable qui reste encore largement à découvrir et sont d'ailleurs inscrites au patrimoine mondial de l'humanité. « En Papouasie, chaque région est potentiellement unique pour sa biodiversité, résume David Mitchell, responsable de Conservation International pour la Papouasie-Nouvelle Guinée. Nous sommes loin de comprendre la mosaïque écologique de notre pays qui change sous nos yeux. »

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