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Les cafards savent éviter les pièges sucrés

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Les cafards sont des insectes redoutables contre lesquels nous bataillons depuis des siècles. Une étude montre comment certains d'entre eux ont développé une aversion pour le glucose, ce qui leur permet d'échapper aux pièges empoisonnés qui en sont enrobés.

Les cafards existent depuis la nuit des temps. En effet, leurs ancêtres ayant vécu au Carbonifère (environ 358 à 298 millions d’années avant notre ère) sont plus grands en taille, mais très proches des formes actuelles. © cquintin, Flickr, cc by nc 2.0

Les cafards, appelés encore blattes ou cancrelats, sont répartis tout autour de la Terre. Ils prennent des formes, couleurs et tailles diverses et variées. Ils affectionnent plus particulièrement les climats tropicaux, mais sont également très nuisibles dans les autres régions du monde où ils se développent allègrement.

Les cafards sont tenaces. Une fois installés dans la place, ils sont difficilement délogeables. La rumeur en fait même les survivants potentiels d'une hypothétique guerre nucléaire mondiale. On s'étonne souvent de leur capacité à survivre sans tête durant plusieurs semaines. Mais leur meilleure arme vient probablement de leur puissante fécondité. En effet, on estime qu'au cours de sa vie, une femelle peut produire jusqu'à 100.000 œufs qui ne demandent qu'à éclore et à se reproduire à nouveau...

Si les pièges empoisonnés ont, un temps, été efficaces contre les cafards, ces insectes se sont rapidement remis à proliférer. Des mutants ont su déjouer les tactiques des humains. © Slamolo, Flickr, cc by nc 2.0

Dans les années 1980, les exterminateurs pensaient avoir la solution idéale pour se débarrasser de ce parasite. Ils utilisaient des appâts empoisonnés, enrobés dans une couche de glucose appétissante. C'était sans compter sur leur extrême capacité d'adaptation... Moins de huit ans après leur introduction, les pièges ont cessé de fonctionner et les populations de cafards ont recommencé à prospérer.

Les cafards ont une aversion pour le glucose

Une équipe de chercheurs américains de l'université d'État de Caroline du Nord vient de comprendre le mécanisme qui se cache derrière cette soudaine inefficacité des pièges empoisonnés. Leurs résultats, publiés dans la revue Science, montrent comment certains cafards ont peu à peu muté pour développer une aversion contre le glucose.

« Lorsqu'on leur propose du glucose, certaines blattes ferment leur bouche et se dirigent dans la direction opposée ! », raconte Coby Schal, directeur de cette étude. En revanche, elles continuent d'apprécier d'autres formes de sucre comme le fructose. Pour comprendre le fonctionnement se cachant derrière ce dégoût, les auteurs ont réalisé des tests sur la langue des insectes, constituée de deux appendices appelés paraglosses. Leurs résultats révèlent que le glucose stimule à la fois les récepteurs sensoriels sucrés et amers, créant une répulsion puis un rejet de cet aliment.

Grâce à cela, certaines blattes sont devenues insensibles aux pièges. Heureusement, elles y perdent un peu dans l'histoire : elles grandissent moins vite que celles n'ayant pas développé d'aversion. 

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