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En vidéo : une nouvelle blatte championne de saut

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Une espèce de blatte, qui a récemment été découverte en Afrique du Sud, effectue des bonds spectaculaires pour effectuer la plupart de ses déplacements. Grâce à une vidéo ralentie, des scientifiques ont pu expliquer le mécanisme de ces sauts impressionnants.

La blatte Saltoblattella montistabularis effectue des bonds pour se déplacer. © Mike Pickers

En 2010, une nouvelle espèce de blatte était découverte en Afrique du Sud, dans le parc national de Table Mountain (près de Cape Town). Contrairement aux autres blattes, Saltoblattella montistabularis se déplace essentiellement en réalisant des bonds : 71 % de ses déplacements sont réalisés de cette façon. Mike Picker et Jonathan Colville, les découvreurs de l'insecte, épaulés par Malcolm Burrows qui avait déjà expliqué le saut de la puce, ont analysé celui de S. montistabularis. Leurs résultats sont publiés dans Biology Letters.

Si ces blattes sont capables de réaliser des sauts pouvant atteindre quarante-huit fois la longueur de leur corps, c'est grâce à un système de catapulte très performant formé par leurs pattes postérieures. Leur taille est deux fois plus importante que celles des quatre autres et elles représentent 10 % du poids total du corps. Les chercheurs ont aussi pu calculer la puissance et l'énergie requises pour cette prouesse : 38 µJ et 3,4 mW. À titre de comparaison, la puce effectue des bonds qui peuvent atteindre 50 cm, ce qui correspond à environ deux cent cinquante fois la taille de son corps.


Le saut de la blatte Saltoblattella montistabularis au ralenti. © Malcolm Burrows

Le secret de cette blatte : un fémur rainuré pour ranger le tibia

L'extension de la blatte est rendue possible grâce à quelques caractéristiques physiques particulières : d'abord, les fémurs des pattes postérieures sont rainurés si bien que les tibias peuvent s'y ranger, augmentant l'amplitude lors de l'extension des pattes. De plus, la résiline, une protéine élastique, est présente dans l'articulation tibia-fémur. 

Juste avant le saut, les muscles extenseurs du tibia se contractent pendant 224 ms au cours desquelles l'énergie mécanique est probablement stockée dans la déformation de la résiline. Puis la patte se déploie brusquement. Le décollage de la mouche, qui commence par un joli bond, ressemble assez à ce phénomène de détente brutale.

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