La pompe à carbone biologique est un processus qui se joue dans l’ensemble des océans du globe. En retirant du carbone de l’atmosphère et en le stockant dans les profondeurs, il participe à la régulation du climat. Une nouvelle étude révèle que la capacité de stockage des océans serait ainsi significativement plus élevée que ce que l’on pensait. Mais cela change-t-il quelque chose à notre avenir climatique ?


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    Voilà une bonne nouvelle qui pourtant ne devrait pas changer grand-chose à la situation actuelle. Nous aurions en effet sous-estimé la capacité de l'océan à stocker du CO2via le processus de pompe à carbone biologique. Les organismes photosynthétiques présents en surface, comme le phytoplancton, absorbent en effet du CO2 provenant de l'atmosphère. Le carbonecarbone est alors converti en tissu organique, permettant à ces organismes de grandir. À la mort, leur enveloppe organique va couler et se déposer sur le fond, participant ainsi à la sédimentationsédimentation marine. Le carbone organique qu’ils contiennent est alors stocké dans les sédiments, où une partie va être dégradée par les bactériesbactéries et les petits organismes peuplant les fonds océaniques.

    La pompe à carbone biologique. © ocean-climate.org
    La pompe à carbone biologique. © ocean-climate.org

    Une capacité de stockage supérieure de 20 % par rapport aux précédentes estimations

    Ce mécanisme est l'un des processus qui permettent de réguler le climat à l'échelle des temps géologiqueséchelle des temps géologiques en retirant du carbone de l’atmosphère pour le stocker durablement. Dans son rapport de 2021, l'IPCCIPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change, Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat) avait ainsi évalué la capacité de stockage des océans du globe à 11 gigatonnes par an. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature, révèle cependant que ce chiffre aurait été sous-estimé. Suivant leurs analyses du flux de matièrematière organique dans les océans, la capacité de stockage serait 20 % plus élevée, soit de 15 gigatonnes de carbone par an. Une révision conséquente qui ne devrait toutefois pas impacter les prévisions climatiques sur le court terme. Car si ce processus de pompe à carbone se joue tous les jours, son impact n'est significatif que sur de longues périodes de temps, de l'ordre de la dizaine de milliers d'années.