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Un nouvel hivernage commence à Concordia

ActualitéClassé sous :Terre , concordia , Antarctique

Chaque année, l'Esa apporte son soutien financier à un médecin chercheur qui ne craint pas de braver le froid, l'obscurité et l'isolement liés à la période hivernale en Antarctique. L'objectif est d'étudier les effets de ces conditions extrêmes sur l'être humain dans la perspective de missions de longue durée dans l'espace.

La longue nuit polaire permet aux astronomes en hivernage à la station Concordia d'y réaliser des observations sous un ciel d'une très grande qualité. © Esa, Ipev, PNRA

La station Concordia est une station de recherche gérée conjointement par la France et l'Italie. Côté français, c'est l'Institut polaire français Paul-Émile Victor (Ipev) qui supervise les recherches. Les voisins les plus proches sont les occupants de la station russe Vostok, à près de 600 km de là. Maintenir la base en activité durant les mois d'hiver polaire nécessite la présence d'au moins 7 personnes : un chef d'équipe, un médecin, un responsable mécanicien, un gestionnaire technique, un plombier, un électricien et un expert en télécommunications. Cette année, huit chercheurs se joindront à l'équipe de maintenance, dont un chimiste, deux astronomes, un astrophysicien et un glaciologue.

Le médecin chercheur retenu cette année par l'Esa est Nathalie Pattyn, qui effectuera des recherches sur la façon dont l'équipe s'adapte aux conditions de vie à Concordia, un lieu qui présente de nombreuses similitudes avec un vaisseau spatial.

Le continent antarctique et la position de la station scientifique Concordia. Maintenir la station en activité pendant l’hiver polaire nécessite 7 personnes. © Esa, Ipev, PNR

Une très longue nuit

La station Concordia étant située à une altitude de 3.200 m, ses occupants doivent s'adapter à un milieu où l'oxygène est moins abondant qu'au niveau de la mer. Durant les six mois que durera le séjour, il leur faudra également vivre pendant quatre mois sans voir une seule fois le Soleil, ce qui aura nécessairement un impact sur leur sommeil ainsi que sur leur humeur. Autre grande similitude avec les missions spatiales habitées, la station est totalement inaccessible durant la période hivernale, si bien que les hivernants ne peuvent compter que sur eux-mêmes en cas d'urgence.

En tant que spécialiste médicale dans l'armée belge, Nathalie Pattyn a le profil idéal pour participer aux activités de recherche menées à Concordia. Elle recueillera notamment les questionnaires psychologiques, collectera des échantillons microbiens, réalisera des vidéos de la vie quotidienne, effectuera des prélèvements sanguins afin de suivre l'évolution de différents taux d'hormones et mesurera régulièrement la pression intracrânienne des volontaires. L'humeur des membres de l'équipe sera évaluée indirectement par le biais des vidéos. La manière dont ils s'exprimeront dans ces vidéos sera analysée en utilisant des propriétés objectives de la parole à partir desquelles il est possible d'estimer l'humeur générale.

Concordia n'est accessible qu'en avion. Une liaison qui est interrompue pendant l'hivernage lorsque les températures descendent à -80 °C. © Esa, Ipev, PNRA

Vivre avec moins d’oxygène

Les résultats obtenus lors de ces recherches vont non seulement permettre à l'Esa de mieux préparer ses astronautes au séjour dans l'espace, mais ils auront également des implications pour la vie quotidienne sur Terre. Ainsi une étude se penchera sur l'apnée du sommeil, un trouble du sommeil caractérisé par un arrêt prolongé de la respiration et dont la fréquence est directement liée à la quantité d'oxygène disponible, elle-même fonction de l'altitude. Avec ses 3.200 m d'altitude, la station Concordia constitue l'endroit idéal pour mener ces recherches qui pourront bénéficier à toute personne souffrant d'apnée du sommeil ailleurs sur Terre. Au cours des prochains mois, vous pourrez suivre l'expérience sur le blog Concordia.

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