Dans le centre de l’Australie, des chercheurs ont découvert les restes fossilisés de poissons datant de 380 millions d’années et possédant une particularité : en plus des branchies, ils sont en effet dotés d’ouvertures sur le dessus du crâne, ce qui leur aurait permis de respirer à la fois dans l’eau et dans l’air.


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    L’Australie est connue pour sa richesse en fossiles, notamment en poissons tétrapodomorphes datant du Dévonien. Ces poissons présentent la spécificité de posséder des nageoires pectorales et pelviennes, disposées comme les membres des actuels tétrapodes (vertébrés à quatre membres), qui sont leurs descendants. Pourtant, les fossilesfossiles retrouvés jusqu'à présent étaient loin d'être complets.

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    Des poissons dotés d’un double système de respiration

    La découverte de nouveaux spécimens dans le centre de l'Australie pourrait cependant permettre de mieux comprendre comment vivaient ces prédateurs du Dévonien. Datant de 380 millions d'années, les fossiles ont en effet la particularité d'être quasi complets, avec notamment une très bonne préservation du crânecrâne. Cette découverte a permis d'identifier une nouvelle espèceespèce de poisson tétrapodomorphe, qui a été nommée Harajicadectes zhumini.

    Fossile de <em>Harajicadectes zhumini</em> avec en dessous son moulage et l'interprétation. © Dr Brian Choo, <em>Flinders University</em>
    Fossile de Harajicadectes zhumini avec en dessous son moulage et l'interprétation. © Dr Brian Choo, Flinders University

    Mesurant une quarantaine de centimètres de long, ce poisson possédait des écailles osseuses visant certainement à le protéger d'autres prédateurs. Mais ce sont surtout certains orifices situés sur le dessus du crâne qui ont attiré l'attention des scientifiques. Car en plus de branchies lui permettant de respirer sous l’eau, à l'image des poissons actuels, Harajicadectes zhumini possédait également de grandes ouvertures sur la tête. Les chercheurs pensent qu'elles étaient destinées à la respiration à l'airair libre.

    Localisation des ouvertures sur le sommet du crâne de <em>Harajicadectes zhumini. </em>© Dr Brian Choo, <em>Flinders University</em>
    Localisation des ouvertures sur le sommet du crâne de Harajicadectes zhumini. © Dr Brian Choo, Flinders University

    Une adaptation face à des taux d’oxygène très bas

    Ce type de double système respiratoire avait déjà été identifié sur d'autres fossiles de poissons tétrapodomorphes du Dévonien n'appartenant cependant pas à la même branche évolutive. Cette évolution convergente de plusieurs espèces suggère une contrainte environnementale forte ayant entraîné une réponse adaptative simultanée.

    Reconstitution d'un <em>Harajicadectes zhumini</em> dans son environnement du Dévonien. © Dr Brian Choo, <em>Flinders University</em>
    Reconstitution d'un Harajicadectes zhumini dans son environnement du Dévonien. © Dr Brian Choo, Flinders University

    Il semble en effet qu'au milieu du Dévonien, le taux d’oxygène dans l’atmosphère ait été relativement bas. Le développement d'un double système respiratoire aurait ainsi donné un avantage à ces poissons, leur permettant de capter plus d'oxygène que la simple respiration branchiale. Ces résultats ont été publiés dans la revue Journal of Vertebrate Paleontology.