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Abattage massif : comment piller à bas prix un patrimoine !

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Depuis plusieurs mois et malgré ses premières interventions auprès de l'administration, la LPO ANJOU assiste impuissante à l'abattage massif d'arbres centenaires, essentiellement des frênes "têtards" (*), dans la vallée de la Loire et les Basses Vallées Angevines.

Des entreprises, extérieures à la région, viennent y prélever des milliers de troncs de frênes pour les exporter ensuite vers l'Allemagne et l'Italie, où ils sont utilisés en menuiserie et marqueterie

Réalisées en dépit du bon sens - sans aucune prévision de remplacement - ces coupes sont totalement contraires aux démarches de préservation des milieux naturels engagées collectivement dans les vallées, notamment dans le cadre de Natura 2000.

Elles sont également en contradiction avec les discours de préservation de la biodiversité et les démarches de développement durable des collectivités de la région.

L'intérêt écologique du bocage est depuis longtemps démontré. Les arbres, souvent creux, sont le refuge d'espèces menacées telles que des chouettes chevêche, des chauves-souris ou des insectes comme le lucane cerf-volant et la Rosalie des Alpes.

Les frênes têtards forment également un filtre naturel contre la mauvaise qualité des eaux, notamment de l'Authion. Ce bocage traditionnel contribue grandement à la qualité paysagère et à la beauté de nos vallées. Il fait partie de notre quotidien et de notre culture au même titre que nos châteaux et nos églises et chapelles. Sa destruction porte une atteinte grave à notre patrimoine. Rappelons d'ailleurs que le val de Loire est classé au titre des paysages culturels du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Le têtard étant un des éléments les plus remarquables de ce paysage, un tel pillage pourrait à terme, remettre, en cause ce label.

Des frênes sacrifiés

Ces prélèvements ont normalement reçu l'assentiment du propriétaire et se font à des prix très en dessous de la valeur des arbres (jusqu'à 10 fois moins). En aucun cas, ils ne profitent aux acteurs locaux alors qu'il serait intéressant aujourd'hui de penser à une valorisation durable de ce bois d'œuvre de qualité et à la préservation du bocage.

La LPO en appelle donc au bon sens des propriétaires fonciers. Par ailleurs, elle exhorte l'Etat et les élus locaux à trouver des moyens d'information urgents pour enrayer ce phénomène. Nous encourageons également les communes à relayer ces informations auprès de leurs habitants. Il en va de l'avenir du paysage de nos vallées et de notre qualité de vie.

"Allain Bougrain-Dubourg - Président de la LPO"

* Têtard : forme particulière du tronc d'arbre obtenue après la coupe répétée, sur plusieurs décennies, des branches supérieures.

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