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Un plan de sauvetage et un appel pour les océans

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« L'océan mondial : du déclin à la restauration » : c'est le nom d'un rapport sur l'état des mers et sur les moyens de l'améliorer, rédigé par un groupe international. Pour Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, les analyses et les préconisations sont excellentes. Une pétition va être envoyée à l'ONU.

Le voilier Tara, après un tour du monde océanographique et une exploration de l'océan Arctique, sillonne actuellement la Méditerranée à la recherche du plastique, un polluant notoire. C'est l'une des atteintes actuelles à l'océan mondial. Il y en a d'autres. © Futura-Sciences

Ce mardi à New York s'est réuni un attelage original, baptisé Commission Océan global, composé de personnalités venues de la politique et du monde des affaires. Les trois coprésidents, José María Figueres, Trevor Manuel et David Miliband, ont été, respectivement, président du Costa Rica, ministre des finances d'Afrique du Sud et ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni. On y trouve aussi le Français Pascal Lamy, ancien directeur de l'Organisation mondiale du commerce.

Leur rapport, rendu public cette semaine, est disponible en anglais et son résumé est téléchargeable en français sur le site de la Commission Océan global. Il fait l'état des lieux ou plutôt l'état des maux, et en dénombre cinq :

  • Une demande en ressources croissante pour la nourriture, l'énergie ou les minéraux.
  • Des avancées technologiques qui permettent d'accéder à toutes les régions de l'océan mondial et de l'exploiter activement.
  • Un déclin des stocks de poissons, dû aux autres facteurs, à des stratégies de surpêche et à des subventions mal ciblées.
  • Le changement climatique qui modifie l'environnement océanique, par la température et par l'acidification, associé à une perte de biodiversité et à la pollution ?
  • Une « gouvernance insuffisante de la haute mer » qui empêche de réglementer, puisque près des deux tiers de la surface des océans se trouvent en dehors de toute juridiction.
Le rapport qui donne des pistes pour le « sauvetage » de l'océan mondial. © Commission Océan global

Il faut réguler l'exploitation de l'océan mondial

« Ce rapport est intéressant à plusieurs titres. Il est le résultat d'un travail de plus d'un an et émane de plusieurs pays. C'est un travail exhaustif, mais aussi bien fait et bien présenté. Pour une fois, un rapport de ce genre est très clair et compréhensible par tous ! » L'homme qui parle ainsi est Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions. Le voilier océanographique est actuellement en Méditerranée pour étudier la pollution par les matières plastiques et son impact sur les organismes vivants. Le site de Tara reprend la pétition de Pascal Lamy, adressée à Ban Ki Moon, secrétaire général de l'ONU. Le même Romain Troublé avait participé, avec Catherine Chabaud, à l'Appel de Paris pour la haute mer qui, lui aussi, réclame une gouvernance pour le grand large, hors de tout contrôle.

« Cette gouvernance est possible, explique-t-il,  et elle pourrait s'appuyer sur l'actuelle Convention du droit de la mer de l'ONU. Il s'agit tout de même des trois quarts de la planète ! C'est un enjeu gigantesque pour l'humanité. » L'idée que les nations sous l'égide de l'ONU s'occupent de la gestion de l'océan mondial n'est pas nouvelle mais rencontre mille difficultés. Il faut donc pousser pour faire bouger les lignes. Le rapport, intitulé « du déclin à la restauration » va dans ce sens. « Il est surtout tourné vers les solutions », souligne Romain Troublé. La commission ne s'arrête pas, en effet, à préconiser une structure de plus à l'ONU mais propose des améliorations concrètes : la création d'une zone de régénération en haute mer, des normes plus précises sur l'exploitation des hydrocarbures off-shore, le bannissement du rejet de matières plastiques dans la mer, la création d'un Conseil de l'océan mondial, indépendant, et des actions pour réduire la surpêche ou empêcher les pêches illégales.

Pour Romain Troublé, ces mesures vont dans le bon sens et serait bien plus utiles que des idées « populistes » selon lui pour éliminer le plastique des océans, comme ce système imaginé par un jeune Néerlandais qui a beaucoup plu sur le Web« Il faut surtout arrêter de jeter nos déchets dans la nature. »

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