L’équivalent de plusieurs mois de pluie peuvent s’abattre en un endroit en quelques heures. © Ryoji Iwata, Unsplash

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La moitié des précipitations d'une année tombe en seulement 12 jours

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Certains jours de l’année sont particulièrement pluvieux. Douze journées, sur le calendrier, concentrent à elles seules la moitié des précipitations annuelles, selon une moyenne calculée par des chercheurs sur 185 sites à travers le monde. Le réchauffement climatique devrait encore aggraver cette concentration, avec des pluies de plus en plus brutales et intenses d’ici la fin du siècle.

Il pleut en moyenne 89 jours par an, à Nice, et 170 jours par an, à Paris. On pourrait donc avoir l’impression que chaque jour de pluie se ressemble. Ce chiffre est pourtant trompeur, car les précipitations se concentrent en réalité sur quelques jours dans l’année. En octobre dernier, en Corse, 100 millimètres de pluie sont tombés en moins de deux heures, entre Porto-Vecchio et Sari-Solenzara, soit l’équivalent d’un sixième des précipitions annuelles.

Douze journées de déluge

En moyenne, sur l’ensemble de la planète, la moitié des précipitations annuelles s’abat en douze journées seulement. C’est le résultat étonnant établi par deux chercheurs du National Center for Atmospheric Research (UCAR) et de l'Institut des Sciences atmosphériques et climatiques de l'École polytechnique fédérale de Zurich. Dans une étude parue dans la revue Geophysical Research Letters, ces derniers ont passé en revue les données météorologiques de 185 stations à travers le monde entre 1999 et 2014. La période a été choisie suffisamment longue pour tenir compte des variations climatiques dues à des phénomènes comme El Niño.

Un quart des précipitations de l’année se déverse les quatre jours les plus pluvieux. © UCAR/ Simmi Sinha

Les chercheurs ont calculé le pourcentage de précipitations pour chaque jour de l’année, puis tracé la courbe de la somme des pourcentages cumulés en fonction du nombre de jours de pluie. Ils ont ensuite pris la médiane du cumul des différentes stations, puis la médiane des années. Au final, quatre jours de l’année concentrent un quart du volume total des pluies annuelles à un endroit donné ; 8,4 % des pluies tombent en une seule journée, 30 % en 5 jours et 75 % en 27 jours. Ces journées extrêmement pluvieuses varient bien entendu en fonction de l’endroit et de la saison ; elles sont encore plus intenses dans les régions tropicales que sur le continent.

Les jours pluvieux vont devenir encore plus intenses

Ce phénomène de pluies soutenues, concentrées sur quelques jours, risque de s’aggraver encore avec le réchauffement climatique, alertent les chercheurs. Alors que le volume total des précipitations va peu augmenter au global (+2 % environ), les pluies extrêmes vont, quant à elles, connaître une hausse bien supérieure. « Les jours pluvieux vont devenir encore plus pluvieux », prévient Angeline Pendergrass, l’auteure principale de l’étude. Trente-six modèles climatiques, prenant en compte une augmentation plus ou moins importante des gaz à effet de serre, ont ainsi été passés en revue.

Des pluies de plus en plus extrêmes sont à craindre. © Vladimir Melnikov, Fotolia

Résultat : 12 % des pluies additionnelles tomberont en un seul jour et la moitié s’étaleront sur six jours de l’année si le niveau de CO2 continue d’augmenter au rythme actuel (scénario RCP8.5 avec hausse des températures de 2,6 °C à 4,8 °C). D’ici 2100, la moitié des précipitations annuelles tomberont ainsi en 11 jours au lieu de 12, révèlent les chercheurs. D’autres études avaient déjà montré que le réchauffement climatique pouvait aggraver les phénomènes extrêmes. « Mais le mot extrême étant lui-même assez vague, il était difficile de quantifier les effets concrets », soulignent les deux auteurs de l’étude.

Des inondations meurtrières qui risquent de s’aggraver

Des pluies plus concentrées et plus intenses, cela signifie plus d’inondations et de catastrophes naturelles. En octobre dernier, les violents orages et les inondations ont tué 14 personnes dans l’Aude. Au mois d’août dans le Kerala, en Inde, les intempéries ont entraîné la mort de 164 personnes et fait plus de 150.000 sans-abris. L’agriculture pourrait aussi en pâtir, car les plantes préfèrent des pluies régulières plutôt qu’une alternance de sécheresse et de brusques orages.

  • La pluie est très inégalement répartie durant l’année.
  • Le réchauffement climatique va encore aggraver les pluies extrêmes.
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