Les chèvres pourraient aider à réduire la couverture de roseaux qui envahit certains marais d’Amérique du Nord. Ces animaux favorisent aussi le retour de la biodiversité pour un coût financier et environnemental moindre par rapport aux produits chimiques.
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Les espèces invasives menacent la biodiversitébiodiversité en rompant l'équilibre des écosystèmesécosystèmes. C'est le cas des roseaux communs Phragmites australis qui envahissent les marais d'Amérique du Nord. Comme ces végétaux peuvent atteindre des hauteurs de plus de 3 m, ils génèrent des couches denses de déchetsdéchets lignifiés, gênent la croissance d'autres plantes qui peuvent manquer de lumièrelumière et altèrent la fonction du marais. Ce phénomène conduirait à former des monoculturesmonocultures.

Pour lutter contre l'invasion par ces roseaux communs des marais nord-américains, des pesticidespesticides chimiques ont été utilisés ces cinq dernières années, avec un succès mitigé. Ce sont 80.000 ha qui auraient été traités pour un coût de 4,6 millions de dollars par an. Les techniques mécaniques (fauchage, brûlage) sont tout aussi coûteuses et inefficaces. En outre, le taux d'invasion pourrait augmenter à cause de la pollution à l'azoteazote et des concentrations croissantes de CO2.

Des chercheurs ont voulu vérifier s'il était possible d'utiliser le bétail comme agent de contrôle biologique contre ces roseaux qui menacent les espaces marécageux de la Côte Est des États-Unis. En effet, en Europe, c'est une pratique qui a fait ses preuves car il existe un long historique de pâturage dans les marais. Leur étude a fait l'objet d'un article paru en ligne dans la revue PeerJ.

Les roseaux forment une couverture dense et nuisent à la biodiversité en absorbant la lumière qui peine à atteindre le marais. © Emőke Dénes, Wikimedia Commons, cc by sa 2.5

Les roseaux forment une couverture dense et nuisent à la biodiversité en absorbant la lumière qui peine à atteindre le marais. © Emőke Dénes, Wikimedia Commons, cc by sa 2.5

Une solution économique, efficace et durable

Les auteurs ont effectué des tests sur des terrains expérimentaux. Ils ont placé deux chèvres dans des enclos de 8,5 x 40 m. Ils ont ainsi montré qu'en utilisant une rotation du pâturage des chèvres, il était possible de réduire la couverture en roseaux de 80 %. Au fil du temps, ce pâturage contrôlé a aussi permis aux espèces de plantes natives de se rétablir.

Pour Brian Silliman, directeur de cette étude, « permettre un pâturage contrôlé par des chèvres ou d'autres animaux de bétail dans des marais très affectés peut réduire la densité des tiges de la couverture de roseaux de moitié en 3 semaines ». Par conséquent, les herbivoresherbivores pourraient être plus efficaces que les herbicides pour combattre l'expansion du roseau commun. De plus, c'est une alternative moins coûteuse et plus durable.

Le pâturage avec de grands herbivores comme des vachesvaches, des chevaux, des moutons ou des chèvres présente donc plusieurs avantages : il est efficace pour supprimer des plantes invasives et peut de surcroît bénéficier à l'Homme grâce à la production de viande, lait, cuir, laine, qui soutiennent l'économie locale.