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Séisme : une nouvelle réplique sème la panique au Pakistan

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 Cinq jours après le séisme d'une magnitude de 7,6 sur l'échelle de Richter qui a secoué le Pakistan, faisant officiellement plus de 24.000 morts, une forte réplique (magnitude 5,6) a été ressentie cette nuit dans le nord du pays. Si ce nouveau tremblement de terre n'a pas alourdi le bilan, il n'a pas manqué de semer la panique au sein de la population. Pendant ce temps, l'aide internationale et les secours s'organisent.

Le satellite Demeter

S'il est impossible d'éviter de tels séismes, des méthodes scientifiques existent néanmoins pour les anticiper et évacuer à temps les populations menacées.

Le séisme qui a touché le Pakistan le 8 octobre dernier à 3h50 GMT, et sa forte réplique de ce matin, sont le fruit de la subduction des plaques indienne et eurasienne. En effet le Pakistan, et plus généralement l'Asie du sud, sont situés à l'interface entre la plaque indienne, qui « remonte » vers le nord à raison de deux centimètres par an, et la plaque eurasienne. C'est ce phénomène de subduction, qui voit l'enfoncement de la première plaque, plus dense et plus ancienne, sous la seconde, qui a provoqué ces tremblements de terre. Si ce mécanisme est extrêmement lent à l'échelle de l'homme, les forces en jeu sont considérables et peuvent se montrer dévastatrices.

Mécanisme de la subduction : la plaque indienne « glisse » sous la plaque eurasienne à raison de deux centimètres par an. Crédits : Olry C.

Si on peut lutter contre une crue ou un incendie, il est à l'heure actuelle impossible d'agir sur l'activité sismique. La seule arme contre les tremblements de terre est donc la prévention, et l'évacuation des villes menacées.

Si « écouter » le monde souterrain à l'aide de sismographes est le moyen le plus connu, il permet de réagir que tardivement. En fait, la simple observation de notre environnement peut nous fournir de précieux indices :

- les scientifiques ont remarqué qu'à l'approche d'un séisme la concentration en radon tend à croître dans les eaux souterraines ;

- il arrive également que le sol ou le niveau de l'eau dans les puits se soulève de plusieurs dizaines de centimètres à l'approche d'un séisme. En mesurant l'élévation induite, on peut déterminer sa magnitude. Néanmoins, ce phénomène n'est pas systématique et ne constitue pas à lui seul un bon dispositif de prévention ;

- plus récemment, la méthode VAN, du nom de ses inventeurs, les scientifiques grecs Varotsos, Alexopoulos et Nomicos, consiste à enregistrer les courants électriques naturels circulant dans le sous sol. A l'approche d'un séisme, ces mesures présenteraient un certain nombre d'anomalies caractéristiques.

Notons aussi l'intéressante initiative de la France qui, le 26 Juin 2004, a lancé le satellite Démeter, dont la mission est d'analyser les perturbations électromagnétiques causées par les tremblements de terre, les raz de marée et le volcanisme. En orbite à 700 kilomètres, altitude à laquelle il y aurait augmentation de l'intensité des ondes électromagnétiques à l'approche d'une secousse, il devrait permettre de mieux cerner ce phénomène encore mystérieux et, on l'espère, de mieux anticiper les séismes à venir.

La prévention efficace des tremblements de terre semblables à ceux qui ont secoué l'Asie du sud-est ces jours derniers passe donc par l'utilisation conjointe de ces différentes méthodes, mais aussi par l'application d'un principe de précaution, empêchant le bourgeonnement des immeubles dans les zones à risque ou, si cela est impossible, préconisant comme au Japon la construction d'infrastructures parasismiques.

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