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Grosse fuite de pétrole chez Shell en mer du Nord

ActualitéClassé sous :développement durable , océanographie , pétrole

La fuite de pétrole annoncée par Shell sur son oléoduc en mer du Nord est la plus importante de ces dix dernières années en Grande-Bretagne. Même si les responsables de Shell et les pouvoirs publics se veulent rassurants, plus de 1.300 barils de brut se seraient déjà échappés.

Les plateformes pétrolières sont nombreuses en mer du Nord. Elles sont parfois situées près des côtes écossaises comme ici dans le Cromarty Firth, parfois beaucoup plus au large, comme c'est le cas pour Gannet Alpha. © A3X, Flickr, CC by-sa 2.0

Après le golfe du Mexique et la mer de Bohai, une fuite difficilement maîtrisée sur des installations pétrolières menace à nouveau la vie marine. Ici, ce n'est plus BP mais le pétrolier anglo-hollandais Shell qui est coupable. Selon le ministère britannique de l’Énergie, la quantité de pétrole déversé atteindrait « seulement » quelques centaines de tonnes.

Une quantité qui peut paraître bien faible comparée à la catastrophe de Deepwater Horizon et ses 680.000 tonnes ou aux millions de litres des fuites chroniques qui souillent depuis cinquante ans le delta du Niger. Mais à quelques dizaines de kilomètres des côtes européennes, l'impact sur l'opinion est particulièrement fort.

Rappel des quantités de pétrole déversé lors des principales marées noires de ces dernières années. Comparées à ces catastrophes, la fuite de l'oléoduc de Shell paraît bien faible, mais aura elle aussi des conséquences sur la vie marine. © Idé

La semaine dernière, Shell annonçait avoir détecté une fuite sur son oléoduc en mer du Nord. Le puits de la plateforme Gannet Alpha desservie par l'oléoduc, à 180 km au large d'Aberdeen, a été immédiatement fermé mercredi pour abaisser la pression dans la conduite. Ce weekend, les responsables de la compagnie affirmaient que l'incident était « sous contrôle » mais les équipes techniques travaillaient toujours à arrêter totalement les rejets.

La fuite est sous contrôle, pas de marée noire en vue

Les survols de la nappe par les garde-côtes ont permis d'estimer samedi son étendue à 31 km de long sur au maximum 4,3 km de large et la surveillance continue. Le porte-parole de Shell affirme suivre les événements en ayant les conséquences environnementales pour première préoccupation et indique que le pétrole n'atteindra pas les côtes et qu'il n'y aura donc pas de marée noire. Il est possible en effet que les vagues et le vent dispersent l'hydrocarbure en mer mais les oiseaux, les mammifères marins et autres animaux ne vivent pas comme les touristes, uniquement sur les plages. Il y aura donc bien des dégâts sur la faune sauvage.

Hier, un communiqué de Shell indiquait que la fuite était limitée à 5 barils par jour (près de 800 litres) et que l'équipe de nettoyage de la compagnie travaillait toujours en contact avec les pouvoirs publics et les associations environnementales.

La situation en mer du Nord semble donc, pour l'heure, bien gérée. Mais cet incident est aussi l'occasion de rappeler qu'il n'en est pas toujours ainsi : un rapport élaboré en 2006 par le WWF Royaume-Uni et la Fondation pour la conservation du Nigéria, estime à 1,5 million de tonnes le pétrole déversé par différents groupes pétroliers (dont Shell) ces cinquante dernières années dans le delta du Niger. Sans grand écho visiblement.

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