Les températures de la surface de l'océan Pacifique mettent en évidence clairement le phénomène météorolique El Niño, en 2015-2016. © Nasa
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Les phénomènes météorologiques El Niño et La Niña pourraient disparaître, selon les modèles d'un supercalculateur

ActualitéClassé sous :climatologie , Réchauffement climatique , El Nino

Il semblerait que nous n'en ayons pas fini de découvrir des conséquences étonnantes du réchauffement climatique anthropique en cours. Aujourd'hui, des chercheurs nous parlent de ses effets sur les événements El Niño et La Niña. Tous deux pourraient bien disparaître.

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Le phénomène climatique et océanographique El Niño/Oscillation australe (Enso) rythme les conditions météorologiques dans le monde entier. Avec des phases chaudes, appelées El Niño, et des froides, baptisées La Niña, qui se succèdent. Sans perturbations majeures depuis au moins 11.000 ans. Pourtant, une équipe internationale de chercheurs suggère aujourd'hui que cela pourrait changer. En cause une fois de plus : le réchauffement climatique anthropique.

Un supercalculateur tournant pendant plus d'un an et deux quadrillions d'octets de données -- assez pour remplir 2.000 disques durs. C'est ce qu'il leur aura fallu pour mener des simulations de modèles climatiques avec une résolution spatiale sans précédent de 10 kilomètres dans l'océan et de 25 kilomètres dans l'atmosphère. De quoi permettre aux chercheurs d'atténuer les biais de température océanique présents dans les études antérieures.

Les températures océaniques de surface ont été simulées à une résolution sans précédent à l’aide d’un modèle couplé atmosphère-océan. La vaste structure froide ondulée dans le Pacifique équatorial correspond à une onde d’instabilité tropicale. Les simulations ont été réalisées sur le supercalculateur IBS/ICCP Aleph. © Institute for Basic Science

L’effet des hommes sur le climat

Pour les chercheurs, le résultat est clair, « l'augmentation des concentrations en CO2 affaiblira l'intensité du cycle Enso ». Et ils en expliquent même le mécanisme. Comme une sorte de bras de fer entre les rétroactions positives et négatives. Qui bascule du côté négatif lorsque le climat se réchauffe. Empêchant les événements El Niño et La Niña de se développer dans toute leur amplitude.

Cependant, si les fluctuations de températures sont susceptibles de s'affaiblir avec le réchauffement climatique anthropique, les changements correspondants dans les extrêmes de précipitations liés à El Niño et La Niña, eux, continueront d'augmenter en raison d'une intensification du cycle hydrologique dans un climat plus chaud. « Nos recherches montrent qu'un réchauffement ininterrompu est susceptible de faire taire le mécanisme climatique naturel le plus puissant au monde, qui fonctionne depuis des milliers d'années », concluent les chercheurs, impatients maintenant d'en comprendre toutes les conséquences.

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