Chaque année, plus de 200 millions d'animaux sont tués sur les routes d'Europe. © Jean Kobben, Adobe Stock
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Plus de 200 millions d'animaux sont tués sur les routes chaque année en Europe !

ActualitéClassé sous :Biodiversité , accident de la route , conservation

Une nouvelle étude se penche sur le nombre d'animaux tués chaque année sur les routes d'Europe et offre un classement des espèces les plus vulnérables. Elle révèle que les plus touchées ne sont pas forcément celles qui sont le plus menacées d'extinction.

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Chaque année, environ 194 millions d'oiseaux et 29 millions de mammifères sont tués sur les routes d'Europe. Voici les tristes chiffres révélés par une nouvelle étude combinant 90 enquêtes issues de 24 pays européens. Publié dans Frontiers in Ecology and Environment, l'article propose une nouvelle méthodologie pour estimer le nombre d'espèces tuées chaque année, et les classer en fonction de leur vulnérabilité. Les chercheurs révèlent que les espèces les plus souvent touchées ne sont pas nécessairement les plus menacées par le risque d'extinction, remettant en question les méthodes actuelles de prévention dans la conception et la construction de nouvelles voies de circulation.

Une distinction importante entre fréquence et vulnérabilité

« La densité des routes d'Europe est parmi les plus élevées au monde : 50 % du continent se trouve à moins d'un kilomètre et demi d'une route ou d'une voie de chemin de fer », commente Manuela Gonzalez-Suarez, coauteure de l'étude. « Les routes constituent donc une menace importante pour la vie sauvage, et les chiffres montrent que les morts qu'elles occasionnent pourraient même mener à l'extinction complète de certaines espèces. » Malheureusement, la fréquence des morts pour une espèce donnée (plutôt que sa vulnérabilité) est généralement le facteur pris en compte dans la conception de nouveaux axes de circulation. 

« Cela signifie que nous risquons d'orienter nos efforts de protection vers les mauvaises espèces, en ne faisant rien pour aider celles qui sont le plus à risque », poursuit Manuela Gonzalez-Suarez. « Mieux comprendre quelles espèces sont les plus vulnérables sur les routes est par conséquent important si nous souhaitons mettre en place des mesures de conservation plus efficaces. » Bien qu'ils ne figurent pas parmi les espèces les plus souvent victimes d'accidents, la gélinotte des bois (gallinacée) et le souslik rouge (écureuil) sont les plus menacés d'extinction locale. Quant à la foulque à crête (poule d'eau), la taupe des Balkans et le rat-taupe de Podolsk, ils figurent sur la liste des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

La chauve-souris fait partie des petits mammifères victimes du trafic routier. © Creativenature.nl, Adobe Stock

Les petits animaux et les herbivores en première ligne

L'équipe a calculé le taux de morts pour 423 espèces d'oiseaux et 2.121 espèces de mammifères. Ils ont ainsi découvert que les petits animaux avec une densité de population importante, et atteignant la maturité très tôt dans leur existence, étaient les plus susceptibles d'être victimes de ces accidents. Les créatures nocturnes principalement herbivores étaient également plus exposées que d'autres espèces. Les animaux présentant le taux de morts le plus important sont le merle et la chauve-souris appelée pipistrelle pygmée, ou pipistrelle soprane. Les routes d'Europe centrale, et notamment celles d'Autriche, d'Allemagne et de Tchéquie, sont les plus mortelles du continent.

Grâce à leur travail, les chercheurs ont pu établir une cartographie des zones les plus dangereuses, mais aussi de celles présentant les concentrations les plus importantes d'espèces menacées d'extinction locale par ces accidents. « En matière de conservation, nous devons aller bien plus loin que la simple quantification de morts sur la route, en appliquant des modèles de population pour identifier quelles espèces peuvent être vulnérables à la perte d'individus supplémentaires, ce qui nous fournira des indications plus précises pour cibler les segments qui requièrent une intervention. »

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