Principalement en raison de la déforestation et de la chasse, 103 des 107 espèces de lémuriens sont menacées. © MaZiKab, Adobe Stock

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Lémuriens, grand hamster d’Alsace et baleine franche sont proches de l'extinction

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L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié sa nouvelle liste rouge des espèces animales et végétales menacées. Une révision indiquant que les lémuriens de Madagascar et le grand hamster d'Alsace sont en danger critique, et la baleine franche de l'Atlantique Nord à un pas de l'extinction. Déforestation, réchauffement climatique, chasse et pêche..., les activités humaines n'y sont pas étrangères.

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[EN VIDÉO] Biodiversité : sommes-nous entrés dans la sixième extinction de masse ?  Depuis quelques années, la biodiversité fait régulièrement la Une des médias. Elle serait en train de s’effondrer. En 40 ans, l’effectif des populations de vertébrés sauvages a décliné de 60 %, d’après le WWF. Au point d’affirmer que l’humanité provoque la 6e extinction de masse ? Gilles Bœuf, président du conseil scientifique de l’Agence française pour la Biodiversité, dévoile ses arguments sur la question. 

Des lémuriens de Madagascar, le grand hamster d'Alsace (hamster d'Europe) ou encore la baleine franche de l'Atlantique Nord ont fait un nouveau pas vers l'extinction, victimes des activités de l'Homme, a mis en garde l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en publiant sa nouvelle liste rouge. Selon les experts biodiversité de l'ONU (IPBES), environ un million d'espèces animales et végétales sur les quelque huit millions estimées sur Terre sont menacées d'extinction, dont « beaucoup dans les prochaines décennies ». Mais ces chiffres sont des extrapolations basées sur les évaluations d'une fraction des espèces, en particulier sur la fameuse liste rouge de UICN, référence en la matière qui s'enrichit chaque année de l'étude de nouvelles espèces.

Agir pour arrêter le déclin des populations d'espèces

Désormais, sur 120.372 espèces passées au crible, 32.441 sont menacées d'extinction (13.898 vulnérables, 11.732 en danger et 6.811 en danger critique), soit plus de 25 %. « Le monde doit agir rapidement pour arrêter le déclin des populations d'espèces et prévenir les extinctions causées par l'Homme », a plaidé Jane Smart, directrice du groupe de conservation de la biodiversité de l'UICN.

Sur les 107 espèces de lémuriens, 103 sont menacées voire en danger critique, dernière catégorie avant l'extinction. © John Saeki, AFP

Sur la liste rouge : lémuriens de Madagascar, hamsters d'Europe...

La liste rouge 2020 complète en particulier l'évaluation des primates africains, attirant surtout l'attention sur les lémuriens, endémiques de Madagascar. Ainsi, 103 des 107 espèces de lémuriens sont menacées, « principalement en raison de la déforestation et de la chasse » et 33 d'entre eux sont en danger critique, dernière catégorie avant l'extinction.

Sans les importants efforts humains et financiers déployés pour sa conservation (aires protégées, reforestation, éco-tourisme...), certaines, comme le lépilémur du Sahafary « seraient sans doute déjà éteintes », note Russ Mittermeier, spécialiste des primates pour l'organisation. Mais ces campagnes n'ont pas permis d'empêcher 13 espèces de lémuriens de passer dans la catégorie « en danger critique », comme le sifaka et le microcèbe mignon, plus petit primate du monde, tous deux victimes de la destruction de leur habitat par l'agriculture sur brûlis et l'exploitation forestière.

En Afrique, plus de la moitié des espèces de primates sont menacées

Dans le reste de l'Afrique, plus de la moitié des espèces de primates (54 sur 103) sont également menacées, comme le colobe à longs poils désormais en danger critique. Cela montre « que l'Homo Sapiens doit changer radicalement sa relation avec les autres primates, et avec la nature dans son ensemble », souligne Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l'UICN, dont le congrès qui devait se tenir en juin a été reporté à janvier 2021 à cause de l'épidémie de Covid-19.

La nouvelle liste rouge s'inquiète également du sort du hamster d'Europe, qui passe lui aussi en danger critique. Et « si rien ne change, l'espèce pourrait disparaître au cours des 30 prochaines années », s'alarme l'UICN.

Le hamster d'Europe, aussi appelé grand hamster d'Alsace, voit son taux de reproduction en chute libre. Il est aujourd'hui inscrit en danger critique sur la liste rouge de l'IUCN. © Gérard Baumgard, AFP archives

Le rongeur autrefois abondant à travers l'Europe, jusqu'en Russie, a aujourd'hui disparu des trois quarts de son habitat originel en Alsace (où il est connu sous le nom de grand hamster d'Alsace) et en Europe de l'Est. Une régression liée à un taux de reproduction en chute libre : une femelle a aujourd'hui en moyenne 5 ou 6 petits par an, contre 20 pendant la majeure partie du XXe siècle. Pour des raisons multiples liées semble-t-il à l'extension de la monoculture, au développement industriel, au réchauffement climatique ou à la pollution lumineuse.

La liste rouge voit également l'entrée comme « vulnérable » du champignon chenille

La liste rouge voit également l'entrée comme « vulnérable » du champignon chenille, « le plus cher du monde ». Ce parasite, qui pousse hors du corps d'une larve de papillon qu'il a colonisée et tuée, est très prisé de la médecine traditionnelle chinoise. Mais pour répondre à la demande, les récoltes sur le plateau tibétain où il pousse ont grimpé en flèche et, depuis 15 ans, la population de ce champignon parfois surnommé « viagra de l'Himalaya » a diminué d'au moins 30 %, selon le communiqué.

Les baleines franches sont à un pas de l'extinction

La liste rouge souligne enfin le danger qui pèse sur les baleines franches de l'Atlantique Nord, dont il restait moins de 250 adultes fin 2018 (-15 % depuis 2011). Victimes de collisions avec les navires et des filets de pêche, mais aussi du réchauffement des océans, elles sont à un pas de l'extinction.

La baleine franche de l'Atlantique Nord est en danger, victime de collisions avec les navires, des filets de pêche et aussi du réchauffement climatique. © Don Emmart, AFP Archives

Alors que de nombreux scientifiques estiment que la 6e extinction de masse a commencé, « la liste rouge est un baromètre de la vie sur Terre, a commenté Andrew Terry, de la Zoological Society of LondonNous devons tenir compte de ses avertissements et prendre les mesures audacieuses nécessaires pour assurer un avenir dans lequel la vie sauvage et l'humanité prospèrent ».

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