Il vit à Madagascar et il vient juste d’entrer dans un club fermé. Celui des animaux qui… se curent le nez ! Lui, c’est un lémurien, l’aye-aye. Et il est capable d’enfoncer son doigt tellement loin dans son nez qu’il arrive au fond de sa gorge.

Des incisives de rongeur, des oreilles de chauve-sourischauve-souris, une queue d'écureuilécureuil. Les chercheurs savaient déjà que l'aye-aye était un primate - un lémurien - tout à fait particulier. Et cet incroyablement long majeur, ils l'avaient aussi déjà repéré. Mais aujourd'hui, des scientifiques du Musée d'histoire naturelle de Berne (Suisse), grâce à une reconstruction de l'intérieur de la tête d'un aye-aye basée sur des tomodensitogrammes, montrent comment l'aye-aye se sert de ce doigt, non seulement pour aller chercher des larveslarves dans les écorces, mais aussi pour... se curer le nez. Et ce, jusqu'à la gorge !

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Imaginez, un animal à peu près de la taille d’un chat. Mais avec un doigt de pas moins de huit centimètres de long. Ça ouvre des opportunités pour celui qui espère se délecter d'un maximum de morve.

Un avantage à se curer le nez ?

Dégoûtant ? Peut-être. Toujours est-il que l'aye-aye est désormais la douzième espèce de primates - humains compris - connue pour se curer le neznez. Avec la particularité de posséder une bonne dextérité et d'utiliser des outils. Les gorilles, les chimpanzéschimpanzés, les bonobos, les orangs-outans ou les macaques, par exemple. Et les chercheurs soupçonnent qu'il pourrait y en avoir plus. Mais que ces espèces n'aient pas été signalées, simplement par des scientifiques ou des observateurs un peu trop dégoûtés, justement, par ce type de comportement.

Pourtant, si la pratique est à ce point répandue, il est possible qu'elle cache un avantage encore inconnu. Peut-être que manger des crottes de nez chargées de germesgermes renforce le système immunitaire ? Mais d'autres études seront encore nécessaires pour éclairer la question.