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Étanchéité de la maison : les limites des techniques d’assèchement

Dossier - Humidité de la maison : lutter contre les remontées capillaires

L'humidité dans la maison peut rendre insalubre l'habitation. Il est important de connaître les causes des remontées capillaires et les moyens de lutter contre cette humidité ascensionnelle. Découvrez toutes nos astuces pour éviter que votre maison ne prenne l'eau !

  
DossiersHumidité de la maison : lutter contre les remontées capillaires
 

Pour permettre l'étanchéité de la maison, chaque méthode d'assèchement (barrière étanche ou dispositif électro-osmotique) a ses contraintes. L'intervention sur la maçonnerie n'est jamais anodine et les effets de certains matériaux ou produits font débat.

Quelles sont les limites des techniques d'assèchement ? © Auremar, Fotolia

Technique d'assèchement : la barrière mécanique, longue et coûteuse

Les expériences de chantier et des rapports d'études réalisées en France ou dans la communauté européenne fournissent des indications précieuses sur la qualité des moyens d'intervention existants. La mise en place d'une barrière mécanique, aussi efficace soit-elle, est une méthode longue et coûteuse. Le travail se déroule par longueurs successives de 80 cm environ, en alternant sciage du mur et insertion de la feuille étanche ou remplissage au mortier hydrofuge. Cette technique radicale, à caractère destructif, est difficile à réaliser avec des murs très épais et inadaptée aux maçonneries instables ou constituées d'éléments creux.

Le sciage horizontal des murs fait appel à de puissantes machines de chantier à disque diamanté. Montées sur rail ou sur bras articulé, celles-ci se commandent à distance. © husqvarna.com

La barrière chimique : à faire faire par un professionnel

Bien que moins lourde à mettre en œuvre, la barrière chimique doit être confiée à une entreprise hautement qualifiée. Les particuliers qui décident de faire eux-mêmes le travail prennent des risques inconsidérés. Le produit d'injection ne se choisit pas au hasard. Ses caractéristiques de viscosité et de vitesse de polymérisation doivent être en adéquation avec la structure capillaire des murs à traiter. L'exécution des forages (diamètre, inclinaison, profondeur...) est tout aussi déterminante, de même que la quantité de produit injecté, la durée d'injection et la pression. Cette méthode impose 6 à 24 mois de séchage avant de pouvoir remettre les murs en état. Par ailleurs, il est indispensable d'informer les clients de la toxicité de certains composants, tels les gels acrylamides.

Pour réaliser une barrière chimique contre l'humidité, selon le produit, l’injection se fait sous une pression donnée (basse) ou par gravité à l’aide de réservoirs individuels remplis au fur et à mesure. © dakdurieux.be

Procédés électro-osmotiques : quelques failles

Les procédés électro-osmotiques imposent eux aussi le perçage des murs pour la pose des électrodes. Il faut ensuite cacher les fils de liaison, dans les joints ou sous enduit, et faire en sorte que les prises de terre soient les plus discrètes possibles. Mais là n'est pas le plus préoccupant. Le professeur Bruno Keller souligne que, pour générer un mouvement suffisant, il faudrait une tension de 50 à 60 volts. Or, même avec une batterie additionnelle, l'électro-osmose ne dépasse pas 4 volts. Autre point de friction, le scientifique soutient qu'une fois le mur asséché, le dispositif osmotique se désactive forcément par manque d'humidité. Entre-temps, les électrodes se corrodent et ne sont plus en mesure de jouer leur rôle. Quid de l'électro-osmose-phorèse si le produit injecté ne parvient pas à boucher tous les capillaires ?

Dans une maçonnerie en petits éléments (brique, pierre, parpaing…), il est simple de percer dans les joints et d’y noyer les fils de liaison. Cependant, le sommet des prises de terre reste apparent après remblayage de la tranchée. © sofrelop.com

L'efficacité des techniques d'assèchement

Face à la controverse et aux problèmes rencontrés dans la réhabilitation du bâti ancien, la FFB (Fédération française du bâtiment) a entrepris une étude comparative visant à tester l'efficacité réelle des procédés de traitement des remontées capillaires. Les tests ont porté sur sept systèmes concurrents dans des conditions strictement identiques : trois d'injection, deux d'électro-osmose active et deux d'électro-osmose-phorèse. L'expérience s'est déroulée sur les années 2010 et 2011 en partenariat avec l'Union de la maçonnerie et du gros-œuvre (UMGO-FFB), le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH), le CSTB, le Centre d'expertise et du bâtiment des travaux publics (CEBTP), le laboratoire Rincent BTP, spécialisé dans les études et la maîtrise d'œuvre. Les conclusions ont démontré que, dans les conditions précises de l'étude, l'injection donne les meilleurs résultats.