En 2015, Tesla a vendu près de 51.000 voitures dont une majorité de Model S. Le constructeur a révélé qu'un premier accident mortel avait eu lieu avec ce type de véhicule, en pilote automatique. © Hadrian, Shutterstock

Tech

Tesla : le pilote automatique mis hors de cause dans l’accident mortel

ActualitéClassé sous :voiture , Elon Musk , Voiture autonome

La NHTSA, l'autorité en charge de la sécurité routière aux États-Unis, a rendu les conclusions de son enquête sur l'accident d'une Tesla roulant en mode Autopilot et a coûté la vie à son conducteur. Le système de conduite assisté n'a montré aucun signe de défaillance.

Sept mois après l'accident qui avait entrainé le décès du conducteur d'une Tesla Model S, les conclusions de l'enquête exonèrent le constructeur de toute responsabilité. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l'autorité en charge de la sécurité routière aux États-Unis, a rendu son rapport qui exclut toute défaillance du système de conduite assistée Autopilot qui était activé au moment de l'accident qui s'est produit le 7 mai dernier.

Joshua Brown, 45 ans, circulait sur une voie rapide en Floride (États-Unis) lorsqu'un camion semi-remorque a tourné pour quitter cet axe routier. La remorque s'est alors retrouvée perpendiculaire à la Tesla S qui est venue s'encastrer dessous. Au moment des faits, Tesla Motors avait expliqué pourquoi, selon lui, l'Autopilot n'avait pas engagé de freinage d'urgence. La faute à une conjonction de facteurs : un ciel très lumineux, la couleur blanche et la hauteur de la remorque qui la rendaient difficile à distinguer dans ces conditions.

Tesla conforté dans ses choix technologiques

« L'examen de la NHTSA n'a identifié aucun défaut dans la conception ou la performance de l'Autopilot sur le véhicule en question ni aucun incident montrant que le système n'a pas fonctionné comme prévu », peut-on lire dans le rapport de la NHTSA. Par ailleurs, une reconstitution de l'accident a permis de constater qu'il s'était écoulé sept secondes entre le moment où le camion semi-remorque a fait sa manœuvre et le choc. Un délai très court, mais suffisant pour qu'un conducteur puisse réagir.

L'Autopilot mis hors de cause, toute la question est de savoir ce que le conducteur faisait au moment de l'accident. Était-il attentif à la route et avait-il les mains sur le volant, comme le nécessite ce système de conduite assistée qui n'est pas un véritable mode autonome ? Il sera vraisemblablement très difficile de répondre à ces questions. De son côté, Tesla Motors a profité de ces conclusions pour mettre en avant les chiffres attestant du niveau de sécurité de sa technologie. Récemment, le constructeur a partagé une vidéo montrant comment une Tesla avait anticipé l'imminence d'une collision entre deux véhicules la précédent sur l'autoroute et déclenché un freinage d'urgence.

Pour en savoir plus

Une enquête est ouverte sur l'accident mortel avec une Tesla model S

Article initial de Marc Zaffagni, paru le 04/07/2016

Aux États-Unis, une enquête est en cours pour déterminer les causes de l'accident qui a coûté la vie au chauffeur d'une Tesla S qui avait activé le mode de conduite assistée. S'il est encore trop tôt pour incriminer la technologie, ce drame aura sans doute un impact sur la perception de la voiture autonome et peut-être même sa réglementation.

Habitué des coups médiatiques, Elon Musk, le bouillonnant patron de SpaceX et Tesla Motors, doit gérer une situation des plus délicates. Le constructeur automobile a en effet révélé que la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l'autorité en charge de la sécurité routière aux États-Unis, a ouvert une enquête suite au décès du conducteur d'une Tesla Model S qui avait activé le mode Autopilot. Dans certaines circonstances favorables, ce système d'assistance laisse la voiture gérer la conduite, à condition que le chauffeur conserve les mains sur la volant et soit toujours prêt à reprendre le contrôle.

L'accident qui a coûté la vie à Joshua Brown, 45 ans, s'est produit le 7 mai dernier près de Williston, en Floride (États-Unis). D'après les premiers éléments rendus publics, celui-ci circulait sur une voie rapide, Autopilot activé, lorsqu'un camion semi-remorque a tourné pour quitter cet axe routier. La remorque s'est alors retrouvée perpendiculaire à la Tesla S qui est venue s'encastrer dessous. Le toit de la voiture a été littéralement cisaillé et cette dernière a poursuivi sa route sur près de 300 mètres avant de terminer sa course dans un poteau électrique.

Tesla a toujours été clair quant au fait que son système Autopilot ne devait être utilisé que dans certaines circonstances propices et sous la vigilance constante du conducteur. © Tesla Motors

La remorque confondue avec un panneau de signalisation aérien

Dans son communiqué de presse dévoilant l'information, Tesla Motors met en avant la conjonction de plusieurs facteurs qui ont fait que ni l'Autopilot ni le conducteur n'ont freiné : un ciel très lumineux, la couleur blanche et la hauteur de la remorque qui la rendaient difficile à distinguer dans ces conditions. D'après le constructeur, le système anticollision de la Tesla S a semble-t-il été induit en erreur par la signature radar de la remorque dont la hauteur et la couleur ont été confondus avec un panneau de signalisation suspendu. C'est la raison pour laquelle l'Autopilot n'aurait pas freiné.

On ignore ce que Joshua Brown faisait au moment du crash. Avait-il les mains sur le volant ? Était-il attentif à la circulation ? D'après l'agence de presse Reuters, un lecteur de DVD portable a été retrouvé à bord de la Tesla S, mais il n'a pas été établi qu'il était utilisé au moment de l'accident.

De son côté, Tesla manie les statistiques pour nous convaincre du caractère exceptionnel de cet accident. « Il s'agit de la première fatalité après un peu plus de 209 millions de kilomètres parcourus par l'Autopilot. Parmi tous les véhicules en circulation aux États-Unis, on déplore un accident fatal approximativement tous les 151 millions de kilomètres ».

Il n'en demeure pas moins que l'impact psychologique est bien là, alors que la voiture autonome est présentée comme un moyen de sauver des vies. Par ailleurs, invoquer des circonstances exceptionnelles pour justifier l'absence de réaction de l'Autopilot n'a rien de rassurant. En effet, ce genre de cas de figure est amené à se reproduire et il est évidemment impossible d'anticiper tous les scénarios.

Cet accident, qui ne sera, malheureusement, sans doute pas le seul, va-t-il compromettre l'avènement de la voiture autonome ? Vraisemblablement pas mais il aura assurément une incidence négative sur l'image de cette technologie et pourrait conduire à un encadrement plus strict de son usage. Quant à Tesla, l'enquête de la NHTSA déterminera s'il y a lieu de procéder à un rappel d'urgence de tous les Model S en circulation.

Ironie du sort, Joshua Brown avait publié le 5 avril une vidéo sur YouTube montrant comment l'Autopilot lui avait évité une collision avec un camion. L'information avait alors été reprise par Elon Musk pour vanter les mérites de sa technologie...

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

La voiture autonome de Google testée sur la voie publique  On devrait bientôt pouvoir croiser la Google Car sur les routes californiennes. En effet, ce petit véhicule autonome et électrique a reçu l’approbation de rouler en ville. La voici en vidéo sur les routes de Mountain View, près du siège de Google.