Créée il y a peine un an et demi, soutenue financièrement par un milliardaire chinois, la société Faraday Future a profité du CES (Consumer Electronics Show) pour dévoiler un prototype de « supercar » électrique qu’il présente comme une « tablette sur roues ». Au-delà de cette communication tapageuse, l’entreprise entend d’abord s’imposer avec un système de châssis et de batteries modulaires à partir desquels elle déclinera différents modèles de voitures électriques sans doute plus conventionnels.

À l'image de son prototype FFZero1, la société Faraday Future a tout de l'Ovni dans le monde de l'industrie automobileautomobile. Cette toute jeune entreprise fondée il y a dix-huit mois a créé l'attraction du Consumer Electronics Show qui vient de débuter à Las VegasVegas (États-Unis) en dévoilant une « voiture de concepts » (sic) qui semble tout droit sortie d'un film de science-fiction. Présentée comme une « tablettetablette sur roues », la FFZero1 est une voiture électrique dont les quatre moteurs délivrent un total de 1.000 chevaux avec des performances annoncées dignes d'une sportive : du 0 à 100 km/h en 3 secondes et une vitessevitesse de pointe de 320 km/h. De quoi titiller les ingénieurs de chez Porsche qui travaillent sur le modèle électrique Mission E.

La FFZero1 est une voiture monoplace dont le siège central orienté à 45 degrés est, dixit l'entreprise, basé sur des travaux menés par la NasaNasa dans le domaine de la gravitégravité zéro. Son volant incorpore un smartphonesmartphone grâce auquel le conducteur pourra personnaliser tous les paramètres d'ergonomie du tableau de bord. Un affichage tête haute projettera les informations en réalité augmentéeréalité augmentée directement sur la route.

Pour couronner le tout, cette voiture futuriste pourrait aussi être totalement autonome. Une fois retombées les paillettes de ce showà l'américaine calibré, que reste-t-il ? Le design de la FFZero1 est certes spectaculaire, mais il n'a rien de bien original si l'on considère des projets comme la Bugatti Vision Gran Turismo ou celui de la voiture sport à énergieénergie solaire Immortus.

L’habitacle de la FFZero1 évoque plus un vaisseau spatial qu’une voiture. Reste que les technologies présentées n’ont rien de très avant-gardiste. © Faraday Future

L’habitacle de la FFZero1 évoque plus un vaisseau spatial qu’une voiture. Reste que les technologies présentées n’ont rien de très avant-gardiste. © Faraday Future

Du spectaculaire, mais rien de révolutionnaire

Quant aux technologies évoquées, elles ont toutes été déjà envisagées par d'autres constructeurs bien avant Faraday Future. Faut-il alors y voir un simple coup de communication d'une société en manque de visibilité et de fonds ? Sans doute, mais en partie seulement. Car malgré sa jeunesse, Faraday Future semble disposer de ressources financières importantes. L'entreprise est en effet soutenue par le milliardaire chinois Jia Yueting. Ce dernier est à la tête de Leshi Internet & Technology, un conglomératconglomérat spécialisé dans l'audiovisuel. Faraday Future emploie déjà 750 personnes et est allé débaucher des experts auprès de plusieurs grands constructeurs automobiles comme Audi, BMW, son principal concurrent Tesla Motors mais aussi chez Apple, Hulu et SpaceX.

Dans quelques semaines, la société va débuter la constructionconstruction d'une usine de production pour ses futures voitures électriquesvoitures électriques de série. Ce site basé dans l'État du Nevada fera travailler 4.500 salariés. Finalement, l'innovation que promet Faraday se cache sous la carrosserie de sa FFZero1, laquelle n'a pas vocation à être commercialisée, sauf en série très limitée. Il s'agit d'une plateforme dans laquelle le châssis et les batteries intégrées au plancherplancher sont modulables, de manière à pouvoir servir de base à différents modèles, qu'il s'agisse d'une berline, d'un SUV ou d'une petite citadine compacte. Faraday Future n'a pour le moment dévoilé aucun projet de voiture électrique de série, mais affirme que son premier modèle arrivera sur le marché à l'horizon 2017-2018.