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Quand des robots médecins explorent notre corps

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Gros comme un stylo plume, un petit robot motorisé pourrait servir à pratiquer des interventions chirurgicales dans un vaisseau spatial ou dans une antenne médicale d'une région isolée. Bientôt des essais... sous la mer.

L'équipe a un souci : alors que Michael montre tous les signes d'une crise d'appendicite, l'hôpital le plus proche se trouve... à 200 millions de kilomètres. Un an après son départ, la mission martienne risque de tourner à la tragédie.

Ce cauchemar, les ingénieurs de la Nasa se le ressassent depuis plusieurs années. Pour de longs séjours dans l'espace, il est impératif que les astronautes disposent de moyens de se soigner, et même de pratiquer une intervention chirurgicale. Mais la question ne concerne pas que les voyages spatiaux : les explorateurs en tout genre, sous la mer ou dans l'Antarctique, sont soumis à un risque semblable. C'est le cas aussi de populations isolées dans des régions dépourvues d'infrastructures, donc d'hôpitaux.

Juste une incision

Techniquement, la solution est connue : c'est la chirurgie assistée par ordinateur ou la téléchirurgie ou encore un mélange des deux. Des appareils existent déjà, et même dans les salles d'opérations classiques. Le laparoscope est maintenant un instrument bien connu : par une petite incision, un tube est inséré dans la cavité abdominale, permettant d'y glisser un instrument, un éclairage ou une caméra.

Spécialiste de cette technique, le docteur Dmitry Oleynikov et ses collègues du Centre médical de l'Université du Nebraska viennent d'aller plus loin avec un petit robot motorisé, de forme cylindrique, long d'à peine 8 centimètres pour un diamètre d'environ 1 centimètre. Il se déplace en tournant sur lui-même

Porteur d'un instrument chirurgical, d'une lampe ou d'une caméra, ce petit robot télécommandé de 8 cm de long se déplace à l'intérieur du corps.

A l'intérieur peuvent être installés un instrument, un éclairage ou une caméra. Comme le laparoscope, il peut être glissé dans le corps dans une incision de petite taille ou par les voies naturelles. De plus, la petitesse de l'engin permet d'en introduire plusieurs.

Relié à l'extérieur, ce robot est manœuvré par une personne ou par un système télécommandé. Les instruments disponibles, pour l'instant, ne servent qu'à arrêter une hémorragie interne, mais d'autres types d'interventions sur les tissus mous sont envisageables (ablation ou biopsie par exemple).

Des tests sur les animaux ont déjà validé la méthode et Dmitry Oleynikov affirme que des essais sur des hommes pourront avoir lieu dès le printemps prochain en Angleterre.

En test chez les astronautes

Intéressée par cette technique, la Nasa pourrait l'expérimenter en 2006 dans le laboratoire sous-marin Aquarius, qui a déjà servi à ce genre d'essai. Immergé par près de 20 mètres de fond au large de la Floride, Aquarius a à peu près la taille d'un module de la Station spatiale internationale (ISS) et fait partie du programme Neemo (NASA Extreme Environment Mission Operation).

Sous la mer, la Nasa entraîne ses équipages et simule toutes sortes de situations, dont les interventions chirurgicales que devront peut-être un jour effectuer les astronautes.

En octobre 2004, lors de la mission Neemo 7, les astronautes Bob Thirsk (canadien), Cady Coleman et Michael Barratt (Etats-Unis) s'était essayés à quelques actes chirurgicaux par laparoscopie sur un mannequin sous l'assistance du docteur Mehran Anvari, directeur du CMAS (Centre for Minimal Access Surgery), qui leur donnait des instructions par radio.

Avec les nouveaux robots, un astronaute non médecin mais entraîné pourrait pratiquer des opérations complexes. De quoi partir plus tranquille...

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