Victime d'addiction et de harcèlement, une adolescente américaine s'est suicidée à 11 ans. © artbykleiton, Pixabay
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Après le suicide de sa fille, une mère porte plainte contre les éditeurs d'Instagram et Snapchat

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Suivie par un thérapeute pour son addiction aux réseaux sociaux, une adolescente s'est suicidée à 11 ans en juillet 2021 dans le Connecticut. Soutenue par un groupe qui vient en aide aux victimes des réseaux sociaux, sa mère a déposé plainte contre Meta, l'éditeur d'Instagram, et contre Snapchat.

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Onze ans. C'est très jeune pour surfer sans contrôle parental sur Internet ou son smartphone, et à cet âge-là, la loi interdit d'avoir un compte personnel sur les réseaux sociaux. C'est le cas en France, mais aussi aux États-Unis où la « majorité numérique » est fixée à 13 ans. Malheureusement, les adolescents et les pré-adolescents, filles et garçons, contournent facilement cette interdiction et, dans le Connecticut, une mère a décidé d’attaquer Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp...) et Snapchat après le suicide de sa fille Selena âgée de 11 ans, en juillet 2021.

Dans sa plainte, cette mère de famille explique que sa fille « a lutté pendant plus de deux ans contre une dépendance extrême à Instagram et Snapchat », au point d'être suivi par un thérapeute. Une addiction impossible à contrôler par les réseaux sociaux, obligeant cette mère à confisquer smartphone, tablette et ordinateur pour que sa fille ne se connecte plus.

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Des applications conçues sciemment pour créer une dépendance

Cette addiction a entraîné un manque de sommeil, de l'absentéisme scolaire, des troubles de l'alimentation, pour finir par un suicide. Une addiction liée aux récompenses sur Snapchat « semblables à une machine à sous, mais commercialisées auprès d'utilisateurs adolescents qui sont encore plus susceptibles que les accros du jeu » peut-on lire dans la plainte. Une addiction liée à cette dictature des likes et des followers, forme de récompense sur certains réseaux sociaux.

Concrètement, la plainte a été déposée jeudi devant un tribunal californien, par le Social Media Victims Law Center (SMVLC), un groupe de défense juridique basé à Seattle, et elle tient pour responsable du suicide de Selena Rodriguez « la conception défectueuse, la négligence et les caractéristiques déraisonnablement dangereuses des produits » de Meta et Snapchat. Ce groupement ajoute que ces éditeurs « ont sciemment et délibérément conçu, fabriqué, commercialisé et vendu des produits de réseaux sociaux qui étaient déraisonnablement dangereux parce qu'ils étaient conçus pour créer une dépendance pour les utilisateurs mineurs ».

Après l'addiction, le harcèlement

Au-delà des phénomènes d'addiction et de dépendance, les documents révèlent que l'adolescente « a été sollicitée pour du contenu abusif à caractère sexuel par des utilisateurs masculins adultes d'Instagram et de Snapchat ». Des infractions rendues possibles par le manque de vérification de l'identité et de l'âge des abonnés, et qui avaient conduit l'adolescente à envoyer des images sexuellement explicites sur Snapchat, récupérées et partagées par ses camarades de classe.

Cette plainte intervient quelques mois après les auditions en France et aux États-Unis de la lanceuse d’alerte Frances Haugen qui avait révélé les pratiques de Meta, davantage concerné par ses profits que par la protection de ses utilisateurs. À la même période, et face aux attaques des défenseurs de la protection de l'enfance, Meta avait choisi de suspendre son projet de création d'une application Instagram dédiée aux enfants.

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