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Les rouleaux de la mer Morte bientôt sur le Web

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Pour le compte d'Israël, Google va numériser les 870 rouleaux de la mer Morte, des manuscrits datant de 2.000 ans et racontant les prémices du judaïsme et du christianisme. Ils seront ainsi accessibles à tout le monde et en particulier aux chercheurs, dans leurs langues originelles et en anglais.

Un des nombreux fragments découverts dans les grottes de Qumrân et faisant partie du Rouleau des petits prophètes. Il est écrit en grec et aurait été rédigé entre -50 et +50. © Licence Commons

Trouvés entre 1947 et 1956 dans plusieurs grottes à Qumrân, en Jordanie, ces longs rouleaux faits de feuilles de cuir cousues, très bien conservés, ont suscité de nombreuses études, qui se poursuivent toujours. Écrits en plusieurs langues (araméen, grec et hébreu), ils sont datés de différentes époques, allant du IIIe siècle avant Jésus-Christ au premier siècle de notre ère. L'histoire est celle du début du judaïsme et de la naissance du christianisme. Leur valeur historique est considérable et pas encore complètement exploitée.

Les manuscrits en passe d'être numérisés sont actuellement pieusement conservés au musée d'Israël dans des conditions de lumière, de température et d'humidité précisément contrôlées pour se rapprocher de l'environnement des grottes où ces rouleaux ont résisté deux millénaires. Leur accès est de ce fait strictement limité, y compris pour les historiens.

Avec l'aide de Google (et d'un budget de 2,5 millions d'euros), le Département israélien des antiquités va commencer la numérisation complète des manuscrits qu'il possède. Les premières images seront disponibles dans les prochains mois, a promis Pnina Shor, responsable de ce département, et le travail sera terminé dans cinq ans. « À la minute où tout sera en ligne, il n'y aura plus de raison d'exposer les rouleaux et tout le monde dans son bureau ou sur son canapé pourra les voir » s'est-elle réjouie, rapporte l'AFP. Ces images seront en effet accessibles en ligne et, pour certaines, accompagnées des traductions en anglais.

Internet, musée global

Les numérisations de documents historiques vont bon train depuis plusieurs années. Dans le registre religieux, on se souvient de celle du Codex Sinaiticus, la plus ancienne bible. L'histoire des sciences en profite aussi : on peut feuilleter des manuscrits écrits de la main d'Isaac Newton grâce à Trailblazing, mis en en ligne par laRoyal Society ; le site Turning the pages offre une série de manuscrits britanniques (dont une biographie de Newton) ; les œuvres complètes de Charles Darwin sont à la portée de tous. Grâce à Yvan Leclerc, à l'université de Rouen et à 130 bénévoles, les amoureux de Flaubert peuvent disséquer Madame Bovary.

Dans cette mouvance, Google continue d'exploiter ses capacités de numérisation à grande échelle, mises en place pour l'opération Google Print, qui a suscité beaucoup de réactions chez les ayant droits. En 2009, l'entreprise américaine avait raté de peu (à cause de ces polémiques) la numérisation d'ouvrages de la BNF (Bibliothèque nationale de France), laquelle attendra. En octobre 2010, la BNF a finalement signé avec Microsoft, non pas pour numériser mais pour indexer dans le moteur de recherche Bing les ouvrages déjà numérisés dans Gallica. En 2009, Google avait offert ses services à la Bibliothèque nationale d'Irak pour numériser des images d'objets, qui devaient être visibles début 2010. L'opération ne semble pas avoir abouti (mais on peut se rabattre sur le Virtual Museum of Irak créé par le Conseil national de la recherche italien).

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