Voici à quoi ressemble le drone jetable et biodégradable conçu par le laboratoire Otherlab. Un projet qui bénéficie d’un financement de la Darpa. © Otherlab

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Un projet de drone livreur jetable et biodégradable

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Le laboratoire de recherche californien Otherlab a repris un projet de la Darpa, l'agence de recherche et développement de l'armée américaine, qui consiste à concevoir un drone de livraison jetable en carton. Ce type d'appareil pourrait servir à apporter du sang, des médicaments ou des vaccins sur des zones de conflit ou sinistrées.

En 2015, Futura vous parlait d'un projet de la Darpa (branche R&D de l'US Army) baptisé Icare. Il s'agissait d'un concept de drones à usage unique susceptibles d'être lancés depuis un avion ou un ballon stationnaire pour aller livrer des cargaisons (vivres, médicaments, vaccins, poches de sang) afin d'approvisionner des civils ou des militaires dans des zones isolées ou difficiles d'accès avant de s'autodétruire. À l'époque, la Darpa voulait que ces appareils puissent être lâchés à plus de 10.000 mètres d'altitude, planer sur une distance d'au moins 150 kilomètres puis se poser avec une précision de 10 mètres.

Un cahier des charges très ambitieux qui se concrétise aujourd'hui dans une version plus modeste. L'agence américaine a décidé de financer le projet de drone livreur jetable sur lequel planche le laboratoire de recherche Otherlab (Californie). Leur drone intégralement fait de carton serait donc non seulement jetable mais aussi biodégradable. Il peut planer sur une distance de 88 kilomètres et se poser avec précision sur la zone désignée.

Des drones jetables largués par centaines depuis un avion-cargo

La version actuelle peut transporter 1 kg de charge utile, mais ses concepteurs assurent qu'il serait possible de monter jusqu'à 10 kg. Ils envisagent des scénarios où les drones seraient largués par centaines depuis des avions-cargo type C-17 pour aller délivrer des médicaments, du sang, des produits de première nécessité à des populations sinistrées ou des soldats en opération. Otherlab dit avoir déjà réalisé des essais concluants de largages à plus de 300 mètres d'altitude avec atterrissage sur un point précis. En revanche, il n'y a pour le moment pas de détails sur le délai qu'il faudrait à ces drones pour s'autodétruire en se désagrégeant, ni dans combien de temps ils pourraient être opérationnels.

Pour en savoir plus

La Darpa veut développer un drone-livreur autodestructible

Article initial de Marc Zaffagni, paru le 18/10/2015

La Darpa, l'agence de recherche et développement de l'armée américaine, vient d'initier un programme baptisé Icare qui vise à inventer des engins volants sans moteur susceptibles de s'autodétruire une fois qu'ils ont livré leur cargaison. Ils pourraient notamment servir à l'approvisionnement de civils ou de militaires dans des zones isolées ou difficiles d'accès.

Dans son dernier programme de recherche et développement, l'armée américaine s'inspire de la mythologie grecque, et plus particulièrement d'Icare, dont les ailes en cire ont fondu alors qu'il s'approchait trop près du soleil. Dans quel but ? Créer des drones sans moteur à usage unique qui pourront être lancés depuis un avion ou un ballon stationnaire pour aller livrer des cargaisons avant de s'autodétruire. L'idée est de pouvoir atteindre des zones sinistrées ou difficiles d'accès en se libérant de la logistique au sol afin d'aider des civils ou des militaires ayant besoin de médicaments, de nourriture ou d'équipements légers.

Baptisé Icarus (Inbound, Controlled, Air-Releasable, Unrecoverable Systems), cet appel à projets d'une durée de 26 mois dispose d'un budget de 8 millions de dollars (environ 7 millions d'euros) alloué par la Darpa, la branche R&D de l'US Army. Le cahier des charges est des plus exigeant. Ces engins sans moteur devront pouvoir planer sur une distance latérale d'au moins 150 kilomètres s'ils sont lâchés à plus de 10.600 mètres d'altitude, transporter jusqu'à 1,4 kilogramme de charge utile, se poser avec une précision de 10 mètres et se désintégrer complètement dans un délai de 4 heures après leur atterrissage. 

Un défi technique immense, voire irréaliste ? La Darpa l'admet, estimant qu'il s'agirait d'un pur « fantasme » si plusieurs avancées concrètes ne permettaient de rendre la chose envisageable. En effet, Icarus s'inscrit dans une initiative plus large qu'est le programme VAPR (Vanishing Programmable Resources) dont Futura-Sciences a récemment parlé au sujet de circuits électroniques autodestructibles. Il vise à concevoir des systèmes électroniques capables de « disparaitre physiquement de manière contrôlée ». Le cahier des charges stipule notamment que les composants devront afficher des performances équivalentes à des produits du commerce mais que leur « persistance » devra être contrôlable en temps réel. La Darpa a présenté déjà deux projets répondant à ces critères.


La Darpa travaille déjà avec des partenaires sur des circuits électroniques autodestructibles. Celui-ci peut se dissoudre sous forme gazeuse. © Darpa

Des avancées concrètes rendent le projet envisageable, selon la Darpa

Le premier est ce circuit électronique à base de verre trempé qui peut s'autodétruire lorsqu'il est chauffé via une photodiode activée à distance par un laser. Il a été développé par le Palo Alto Research Center (Parc) de Xerox. Le deuxième projet est un circuit en substrat polymère qui se désintègre en passant d'un état solide à gazeux, mais sur lequel aucune information précise n'est fournie. Dans un cas comme dans l'autre, l'idée est de rendre un système d'armement ou un équipement électronique militaire sensible inopérant s'il venait à tomber entre de mauvaises mains.

Fort des innovations issues du programme VAPR, la Darpa estime qu'il y a un potentiel à aller plus loin avec Icarus. Dans l'un des scénarios envisagés, la distribution de vivres, de médicaments, de vaccins ou de poches de sang dans des zones dévastées par un tremblement de terre ou un tsunami pourrait se faire grâce à ces engins éphémères. Cela éviterait une logistique lourde pour déployer puis récupérer des véhicules au sol.

Dans un contexte d'usage militaire, la Darpa parle d'alléger le paquetage des soldats en chargeant ces drones-livreurs d'aller leur apporter par exemple de l'eau, des batteries ou des médicaments. Mais on imagine aussi que de tels engins pourraient être utilisés dans le cadre de missions aux finalités beaucoup moins avouables...

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