C’est un drone Mavic 2 Enterprise qui est généralement utilisé par les forces de l’ordre. © DJI

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Déconfinement : pourquoi le Conseil d'État suspend l'utilisation des drones ?

ActualitéClassé sous :Drone , Coronavirus , Confinement

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Pour des raisons liées au traitement des données personnelles, le Conseil d'Etat vient de suspendre l'utilisation de drones de surveillance pendant le déconfinement sur la capitale française.  

A Paris, même si l'utilisation par les forces de l'ordre d'une vingtaine de drones pour veiller au respect des consignes de confinement s'apparentait à une opération de communication, leur usage a fait polémique. Alors que la préfecture comptait les exploiter pour éviter la présence d'attroupements dans le cadre du déconfinement progressif, le Conseil d’Etat leur a coupé les ailes ce lundi. Dès le début de leur utilisation, l'association La Quadrature du Net et la Ligue des droits de l'homme avaient tiqué et demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris de cesser leur utilisation.

La raison ? Avec leur caméra 4K grand angle et leurs zoom puissant, les drones permettent aux autorités de filmer les personnes, et éventuellement traiter des images qui relèvent de la réglementation sur la protection des données personnelles. Retoquée une première fois par le juge, c'est maintenant le Conseil d'Etat qui ordonne la suspension immédiate de l'utilisation de ces drones pour contrôler le déconfinement progressif.

Un simple arrêté peut faire redécoller la flotte

Alors que cette décision du Conseil d'Etat ne concerne que Paris, interrogé par France Info, Me Patrice Spinosi, l'avocat des deux organisations, estime qu'elle est "généralisable à l'ensemble de la France". Mais attention, si les drones ne peuvent plus être exploités par les forces de l'ordre en l'état, ils pourraient bien reprendre les airs d'ici peu. En réalité, le Conseil d'Etat les interdit de vol, jusqu'à ce qu'un arrêté gouvernemental encadre le traitement des données personnelles recueillies, ou qu'un moyen technique empêche l'identification des personnes. Est-ce que les autorités vont se lancer dans la publication de cet arrêté pour continuer à faire voler la petite flotte de drone parisienne ?

Pour en savoir plus

La police teste des drones pour surveiller le confinement

Article de Louis Neveu, publié le 23/03/2020

À Nice, en Corse ou à Paris, des drones dotés de haut-parleurs sont testés pour surveiller les habitants et les inciter à respecter les consignes de confinement.

Lorsque l'épidémie de coronavirus s'est installée en Chine, les autorités ont déployé un arsenal technologique impressionnant pour contrôler le bon respect des consignes de confinement. L'utilisation de drones portant des bannières dotées de codes QR ou de haut-parleur pour inciter les populations à rentrer chez elles ont fait sourire en Europe.

Et pourtant, aujourd'hui, ces mêmes mesures sont déployées à Madrid en Espagne, et aussi en France. Des vidéos ont commencé à faire le buzz à Nice, où l'on voit un drone sillonner la ville en diffusant des messages de rappel des règles du moment. Il en est de même en Corse autour d'Ajaccio, pour dissuader certaines personnes bravant le confinement pour se faire bronzer sur la plage.

Les drones viennent en renfort des forces de police mobilisées sur le terrain pour faire respecter les consignes et contrôler les attestations de déplacement. Ils permettent de repérer plus rapidement les badauds, surtout dans les zones où l'accès est plus compliqué. Les mêmes types de drones ont également été testés vendredi 20 mars, à Paris, sur les bords de Seine, sous le regard du préfet Didier Lallement.

Les assistants de la police

En tout, la police dispose d'une vingtaine de drones pouvant évoluer à 150 mètres de hauteur et dont la portée en terrain dégagé est théoriquement d'environ 8 km avec une autonomie d'une vingtaine de minute.

Les drones, que l'on voit sur les images, sont systématiquement des Mavic 2 Enterprise, de la marque chinoise DJI. Il s'agit de drones polyvalents, et pesant moins d'1 Kg, dont les bras et les hélices se replient afin de pouvoir les déployer et transporter l'appareil facilement. Le tarif unitaire de ce type de drone à vocation professionnelle se situe autour de 2.300 euros, auquel il faut ajouter un petit haut-parleur DJI (89 euros) qui se fixe sur la partie supérieure du drone. Il est capable de diffuser les messages avec une puissance sonore de 100 dB. Effet anxiogène garanti !

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