Missionné par l'équipe de démantèlement de certains éléments de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, le drone Elio 2, conçu par Flyability, a pu inspecter le cœur du réacteur n° 5 pour vérifier la présence de déchets nucléaires. Visite guidée dans un endroit aussi anxiogène qu'inaccessible. 

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[EN VIDÉO] Tchernobyl : un drone visite la ville meurtrie de Pripyat Une nuit d'avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Dans les heures qui suivent, Pripyat la ville voisine, est entièrement évacuée. Découvrez en vidéo les vestiges de cette ville, inhabitée depuis près de 30 ans, alors qu'elle fut un modèle de l’architecture soviétique.

Après avoir atteint le tréfonds des grottes de glace les plus profondes du monde au Groenland (lire ci-dessous), le dronedrone Elios 2 de Flyability s'est lancé dans l'inspection de l'un des endroits les plus inaccessibles et réputés pour sa dangerosité : le cœur de l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. La firme a été missionnée par l'équipe qui œuvre au démantèlement de certains bâtiments de la centrale nucléairecentrale nucléaire. Sans risquer la santé d'opérateurs humains, il s'agit de pénétrer dans ces installations pour vérifier si des déchets nucléairesdéchets nucléaires s'y trouvent. L'équipe de démantèlement s'est notamment concentrée sur le cas du réacteur numéro 5 de l'installation.

Il y a trente-quatre ans, ce réacteur était en constructionconstruction et pratiquement achevé. En raison de la catastrophe et de la précipitation, il reste depuis impossible de savoir si, à l'époque, les bassinsbassins de stockage de combustiblecombustible pour ce réacteur avaient déjà reçu leurs chargements en barre d’uranium. De même, l'équipe souhaitait également savoir si les équipements principaux de ce réacteur avaient déjà été mis en place. L'inspection de centrales nucléaires n'est pas une première pour le drone Elios 2. C'est même devenu une spécialité pour l'aéronefaéronef doté d'un arceau, sorte de cage de protection qui lui permet de se faufiler un peu partout sans crainte de crash fatal.

En 1986, lors de la catastrophe de la centrale de Tchernobyl, le réacteur numéro 5 était en fin de construction. Le drone Helio 2 a permis de vérifier si des déchets nucléaires s’y trouvent. © Helios

Un vol sous haute tension

Le drone est régulièrement exploité dans les centrales nucléaires lors des opérations d'inspection décennales, alors que le réacteur est en arrêt complet. L'aéronef permet ainsi de réduire considérablement la duréedurée d'inspection et d'améliorer la sécurité. Dans le cas du réacteur de Tchernobyl, pour les télépilotes de Flyability, la mission était stressante. Pour accéder à l'intérieur du réacteur, le murmur à franchir faisait 70 mètres de hauteur. Une fois à l'intérieur, en cas de perte de liaison, il n'y avait aucun moyen de récupérer le drone. Dans tous les cas, l'accès aux bassins à l'intérieur était inenvisageable par des techniciens.

Lors de l'inspection, les images collectées ont montré que les piscines étaient vides et qu'il n'y avait aucun déchet nucléaire présent. Une mission que l'on peut visionner sur la vidéo ci-dessus. En raison de sa structure de protection anticollision, l'Elios 2 est sans doute l'un des seuls drones capables de réaliser des missions en intérieur dans des zones inaccessibles et hors de vue de son opérateur.


Des drones pour explorer les plus grandes crevasses du monde

Article de Louis NeveuLouis Neveu publié le 

Les drones Flyability aident les scientifiques à atteindre le fond de certaines des grottes de glace les plus profondes du monde au Groenland.

Pénétrer dans un puits de glace de 300 mètres de profondeur est un périlleux voyage vers l'inconnu. Au lieu de prendre ce risque avec des spéléologues, des scientifiques ont exploité un drone parfaitement adapté à la situation pour explorer des puits de glace géants, appelés « moulins » au Groenland. Il faut dire qu'en raison du changement climatique, l'évolution de l'intégritéintégrité de ces longues grottes est imprévisible. Hors de question de tenter une descente profonde dans ces conditions.

La dernière mission de ce type date de 1996. À l'époque, le spéléologue français Janot Lamberton avait réalisé une descente de 202 mètres dans l'un de ces moulins. Le drone a battu sans encombre ni risque ce record de distance. C'est le drone Elios de l'entreprise suisse Flyability qui a évolué dans ces longs moulins inexplorés jusqu'à maintenant.

Le drone Elios de Flyability est protégé par une structure qui lui permet d’évoluer sans risque de collision dans des espaces fermés. © Flyability

Un record de distance dans une grotte de glace

Pour éviter les collisions avec les parois de glace, l'appareil est protégé par une structure de 40 centimètres de diamètre le faisant ressembler à un gros ballonballon de foot. Il peut ainsi voler en sécurité dans des environnements fermés. Elios transporte une caméra Full HD, une caméra thermique et un éclairage par torche LEDLED.

Grâce à Elios, habitué des tunnels et égouts - dont les éléments métalliques viennent perturber le signal et la portée pour la réduire à 150 mètres -, la traversée d'un « moulin » constitué de glace a permis d'aller beaucoup plus loin. Au fond de celui-ci, les chercheurs ont pu ainsi découvrir un lac sur le sol glacé. Cette visite était justement l'objectif des scientifiques. Ils cherchaient à étudier le mouvementmouvement de l'eau profondément sous terreterre pour mieux comprendre les effets du changement climatiquechangement climatique sur la fontefonte des glaces.