L’hydrogène sulfuré, un gaz très toxique, dégage une horrible odeur d’œuf pourri, de même que l’essence ou les matières en décomposition. Peut-on conclure qu’il existe un lien entre l’odeur et la dangerosité d’une substance ?

Parmi les pires odeurs recensées par les scientifiques figurent les cadavres en décomposition, le vomi, ou les tissus nécrosés. Certains gazgaz toxiques dégagent eux aussi des odeurs nauséabondes ou désagréables, comme l'hydrogène sulfuréhydrogène sulfuré (H2S) qui sent l'œuf pourri et qui peut être mortel, ou le perchloroéthylène, un solvantsolvant utilisé notamment dans les pressing et qui sent l'étheréther. On pourrait donc penser qu'une mauvaise odeur est liée à la présence d'un composé dangereux ou que c'est le signe d'une mauvaise santé.

Mauvaise odeur : une perception subjective

En réalité, il n'existe aucune corrélation entre la dangerosité d'une substance et son odeur, d'autant plus que la notion de «bonne» ou de «mauvaise» odeur est largement culturelle et résulte d'une incroyable complexité. Certains jugeront un munster affiné puant, tandis que d'autres apprécieront les effluves de fromage. Les odeurs sont aussi fortement liées aux émotions. Enfin, ce qui fait qu'une odeur est jugée bonne ou mauvaise dépend de sa concentration. Certaines substances, comme le 1-p-Menthene-8-thiol (le composé qui donne son odeur au pamplemousse), est ainsi jugé agréable à très faible dose mais agressif dès que la concentration augmente.

Ces produits dangereux qui sentent bon

Il existe de très nombreux contre-exemples de substances toxiques qui dégagent un parfum agréable, comme le cyanure d'hydrogène (HCN), qui sent l'amandeamande amère, ou le benzènebenzène, un gaz cancérogènecancérogène qui diffuse une odeur douce et sucrée. La plupart des gaz mis en cause dans les accidentsaccidents domestiques, comme le méthane ou le monoxyde de carbonemonoxyde de carbone, dont eux totalement inodores. Et c'est bien ce qui les rend dangereux !