Sciences

Céramiques et matériel lithique de Bornéo

Dossier - Grottes : le mystère des mains de Bornéo
DossierClassé sous :préhistoire , Incontournables , grotte

L'île de Bornéo recèle de nombreux trésors, notamment pour les archéologues et préhistoriens. Une équipe y a ainsi découvert des grottes somptueuses, ornées de peintures rupestres étonnantes représentant de mystérieuses mains.

  
DossiersGrottes : le mystère des mains de Bornéo
 

À Bornéo, lors des prospections extensives, limitées dans un premier temps aux seules observations de surface, la plupart des vestiges courants de culture matérielle sont apparus : céramiques, matériel lithique, restes alimentaires (os et coquilles), ainsi que plusieurs types de structures de combustion autant que de nombreux dépôts funéraires.

Les céramiques découvertes, en surface seulement, couvrent toutes les périodes : des plus anciennes aux sub-contemporaines, entre3.500 et 200 ans environ.

Lors de la fouille des sites de Bornéo, des céramiques et du matériel lithique ont été retrouvés. © Lillian, Fotolia

Les céramiques les plus anciennes utilisent exclusivement la technique du battoir, diversement décoré (cordé ou gravé). Ensuite, elles sont recouvertes d'os de tortue ou de vannerie. Quant aux plus tardives, elles mettent aussi en œuvre la gamme complète des variantes d'incisions répertoriées jusqu'à présent dans le reste du sud-est asiatique insulaire limitrophe (voir image 2 ci-dessous).

2 - Variété des céramiques décorées. (Cliquez en bas à droite de l'image pour l'agrandir.)

Le matériel lithique, collecté dans un premier temps en surface, au hasard des parcours, présente, lui aussi, une très large palette de la typologie propre à l'espace culturel du sud-est asiatique. Cette typologie a été largement confirmée et vérifiée depuis les fouilles commencées en 2003. On y trouve un outillage assez sommaire sur éclat brut ou qui présente au contraire des aménagements avec des bords et des tranchants soigneusement aménagés. L'ensemble s'apparente nettement à l'équipement courant des chasseurs-cueilleurs des forêts ou savanes chaudes, tel qu'il a commencé à être élaboré à la fin du Paléolithique.

L'éclat Kutai

Ici, à Bornéo, la typologie présente une différence notable, probablement due à une relative pauvreté générale en matières premières ainsi qu'en matériel de bonne qualité, ce qui se manifeste par des processus de taille majoritairement peu élaborés et des produits trapus. Les recherches conduites par un de nos assistants ont cependant déjà permis de mettre en évidence un processus particulier et peu fréquent de production d'éclats utilitaires (l'éclat Kombewa) auxquels on a donné le nom éponyme local d'éclats Kutai (voir l'image 3 ci-dessous).

Il se caractérise par un rapport élevé entre quantité de gestes de production et efficacité résultante, pour un volume lithique mis en œuvre réduit. Il révèle ainsi une conception économique particulièrement pertinente et, surtout, adaptée à des ressources environnementales limitées.

3 - Planche lithique. (Cliquez en bas à droite de l'image pour l'agrandir.)

Du Pléistocène à l'Holocène

Ces découvertes successives, échelonnées sur près de dix années de prospections répétées, n'ont fait que confirmer que la partie indonésienne de Bornéo s'intégrait parfaitement dans les schémas antérieurs (en les complétant et les confirmant), ceux issus des seules fouilles des provinces adjacentes malaises ou de Brunei.

Les périodes d'occupation mises au jour jusqu'à présent par nos fouilles couvrent l'intervalle entre la fin du Pléistocène (+/-10.000 ans environ) et l'Holocène tardif (5.000 ans environ), tout en se prolongeant jusqu'aux périodes récentes, correspondant aux installations éteintes, ou déplacées depuis peu, des diverses communautés autochtones dayaks ou assimilées.