Les données recueillies par le télescope spatial Kepler étaient initialement destinées à traquer les exoplanètes. Des astronomes s’en sont servis pour étudier des tremblements d’étoiles et donner une nouvelle estimation de l’âge de notre Voie lactée. Celle-ci aurait environ 10 milliards d’années.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Galaxie : où se trouve la Terre dans la Voie lactée ? Le satellite Gaia a cartographié plus d’un milliard d’étoiles. Grâce à ces données, cette vidéo de l'ESA nous transporte jusque dans notre quartier résidentiel au sein de la galaxie, à la découverte de quelque 600.000 étoiles qui nous entourent. Les plus brillantes et connues depuis le sol terrestre, telles Sirius, Betelgeuse, Véga, Aldébaran…, ont leur nom marqué. Le voyage se termine par un plongeon vers le Soleil (Sol), petite étoile à plus de 26.000 années-lumière du centre de la Voie lactée.

Notre Voie lactée est une galaxie spiralegalaxie spirale semblable à beaucoup d'autres. Elle est ainsi constituée de deux structures en forme de disque : un disque mince qui s'étend sur quelque 1.100 années-lumièreannées-lumière et un disque épais, bien plus grand - il pourrait dépasser les 15.000 années-lumière - et composé des étoilesétoiles les plus âgées de notre Galaxie.

C'est donc naturellement à ce disque épais que les chercheurs s'intéressent lorsqu'ils cherchent à déterminer l’âge de notre Voie lactéeVoie lactée. Mais jusqu'à présent, les résultats obtenus grâce aux données astronomiques et ceux prédits par les modèles divergeaient. Alors une équipe de l'ARC Centre of Excellence for All Sky Astrophysics in Three Dimensions (Australie) s'est tournée vers l'astrosismologie.

« Les tremblements d’étoiles sont à l'origine d'ondes sonoresondes sonores qui font vibrer les étoiles », explique Dennis Stello, coauteur de l’étude. À des fréquencesfréquences qui fournissent aux astronomesastronomes, des indices sur la structure interne de ces étoiles. Et sur leur âge. « Un peu comme si vous identifiez un Stradivarius en écoutant la musique qu'il joue », poursuit le chercheur.

Une vue d’artiste de notre Voie lactée représentant notamment le disque épais – <em>thick disk</em> – et le disque mince – <em>thin disk</em>. © Nasa, JPL Caltech, R.Hurt, SSC
Une vue d’artiste de notre Voie lactée représentant notamment le disque épais – thick disk – et le disque mince – thin disk. © Nasa, JPL Caltech, R.Hurt, SSC

En attendant des données plus précises

Mais attention, il ne suffit pas aux astronomes de tendre l'oreille pour écouter la musique des étoiles. Ce qu'ils parviennent à détecter, ce sont les variations de luminosité d’une étoile en fonction des mouvementsmouvements internes qui la secouent. Des variations très fines qui ne sont pas si simples à détecter.

Détecter le passage d’une puce dans un phare de voiture

C'est donc finalement grâce à la précision du défunt télescope spatial Kepler - destiné initialement à détecter des exoplanètesexoplanètes - que les chercheurs australiens ont obtenu le résultat tant espéré. « Kepler était tellement sensible qu'il aurait été capable de détecter le changement de luminositéluminosité d'un phare de voiturevoiture traversé par une puce », ironisent les astronomes.

Les premières données fournies par Kepler suggéraient la présence dans le disque épais de plus d'étoiles jeunes que prévu par les modèles. Mais des données plus récentes ont contraint les chercheurs à revoir la composition chimique desdites étoiles. Et leur ont enfin permis de réconcilier observations et modèles. Selon eux, le disque épais de notre Voie lactée aurait quelque 10 milliards d'années. Ils espèrent maintenant que de nouvelles données transmises par le satellite TessTess - pour Transiting Exoplanet Survey Satellite - leur apporteront encore un peu plus de précision et leur permettront de mieux comprendre le processus de formation de notre Galaxie.