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Coopération mondiale pour prévenir l'utilisation abusive de la science

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Au Royaume-Uni, la Royal Society, une académie de recherche indépendante, a lancé un appel en faveur de la mise en oeuvre d'une coopération à l'échelle mondiale afin d'empêcher que les scientifiques "engagés dans une voie douteuse" ne puissent tout simplement s'installer dans un autre pays pour y mener des travaux dangereux.

Pictogramme du risque biologique

L'académie présentera un article sur les codes de conduite à appliquer pour prévenir les abus en recherche scientifique lors d'une réunion d'experts organisée dans le cadre de la Convention sur les armes biologiques et les armes à toxines, qui se déroulera du 13 au 20 juin.

La Royal Society préconise actuellement une extension du système britannique pour éviter que les recherches douteuses ne soient déplacées vers d'autres pays. "Nous ne cherchons pas, au niveau national, à réinventer la roue, mais considérons l'extension de l'actuelle législation britannique en matière de santé et de sécurité comme un des plus sûrs moyens de cibler des problématiques spécifiques. Toutefois, l'harmonisation des diverses réglementations nationales ne pourra se faire sans une coopération au niveau mondial", a déclaré le professeur Julia Higgins, vice-présidente de la Royal Society. "Des niveaux minimum de réglementation sécuritaire doivent être établis afin d'empêcher qu'un scientifique animé d'intentions douteuses ne puisse mener des recherches dangereuses simplement en allant s'installer dans un autre pays".

Dans son rapport, l'académie propose une évaluation des différents projets de recherche afin de déterminer si oui ou non les bénéfices potentiels l'emportent sur les risques potentiels. Trois stades d'évaluation ont été identifiés : lorsqu'un scientifique pose sa candidature à un financement ; lorsqu'une évaluation des risques au niveau local ou national est menée ; et lorsqu'un article est soumis à un journal pour publication. "Les évaluateurs et les éditeurs doivent déterminer si les résultats peuvent avoir des applications destructrices et si, dans des cas extrêmes, il s'impose de modifier ou de rejeter l'article", explique le professeur Higgins.

Soulignant la nécessité d'une étroite collaboration pour pouvoir mettre en oeuvre un tel schéma de travail, le professeur Higgins a ajouté : "Le niveau actuel d'application de ces mesures varie fortement entre les organisations, et l'objectif est donc de développer des normes sensiblement plus élevées pour tous".

Sur un plan plus général, le professeur Higgins estime que les codes de conduite aident à sensibiliser et à promouvoir le débat, et qu'une discussion s'impose sur le potentiel d'abus de la recherche en sciences du vivant. "Le processus d'élaboration d'un code et une large consultation des groupes cibles en vue d'en assurer la viabilité devraient également permettre de sensibiliser un plus grand nombre de personnes aux problèmes qui se posent. Leur rôle est également important dans la formation et l'éducation, afin que les scientifiques gardent à l'esprit leurs responsabilités légales et éthiques et tiennent compte des conséquences potentielles de leurs recherches", a-t-elle ajouté.

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