Selon des chercheurs de l’université du Texas (États-Unis), les Hommes et les chimpanzés auraient évolué à partir d’un ancêtre commun ressemblant à un chimpanzé. © SERGEJS, Adobe Stock
Sciences

Nos lointains ancêtres se balançaient-ils de branche en branche ?

ActualitéClassé sous :Homme , évolution de l'Homme , dernier ancêtre commun

-

Comprendre comment le dernier ancêtre commun entre les Hommes et les chimpanzés se déplaçait est essentiel pour comprendre l'évolution de la bipédie. Et une nouvelle analyse de la main de Ardi, une Ardipithecus ramidus vieille de 4,4 millions d'années semble aujourd'hui indiquer que notre lointain ancêtre se déplaçait de branche en branche. Comme un chimpanzé.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Interview 1/5 : la naissance de l'Homme  Exercice difficile, déterminer l’origine de l’Homme impose de définir ce qui fait l'identité humaine. L’Homme est-il Homme par sa capacité à marcher ? à parler ? à fabriquer des outils ? Futura-Sciences a posé la question à Silvana Condemi, paléoanthropologue. Découvrez sa réponse en vidéo. 

Le chimpanzé est le parent vivant le plus proche que nous ayons. Nos deux espèces semblent avoir divergé il y a environ 6 millions d'années. Pour preuve, Ardi, le plus ancien squelette d'hominidé connu à ce jour. Celui d'une femme de pas moins de 4,4 millions d'années. Une Ardipithecus ramidus. Elle a été découverte en Éthiopie, dans les années 1990. Et c'est en examinant son squelette que des chercheurs de la Kent State University (États-Unis) avaient conclu, en 2009, que Ardi - et avec elle, probablement aussi le dernier ancêtre commun que nous ayons avec le chimpanzé - devait certes se déplacer dans les arbres, mais plutôt debout.

Aujourd'hui, des chercheurs de l’université du Texas (États-Unis) publient des conclusions très différentes. Basées sur des comparaisons morphologiques et phylogénétiques avec des primates vivants - parmi lesquels des chimpanzés, des bonobos et des Hommes - et des fossiles d'hominoïdes. Selon eux, les mains de Ardi, notamment, montrent qu'elle grimpait aux arbres et se déplaçait tantôt en se balançant de branche en branche tantôt en marchant sur ses articulations. Tout comme le font encore aujourd'hui les chimpanzés.

Les chercheurs de l'université du Texas montrent en effet que les métacarpes et les phalanges - les os des doigts et des paumes - de Ardi sont de dimensions similaires à ceux de singes vivants. Avec toutefois des articulations développées et des os longs - par rapport à la taille du corps - et courbés, comme chez les primates qui se déplacent aujourd'hui en se balançant entre les arbres. Un résultat cohérent, selon eux, avec la taille du corps de Ardi puisque les primates de plus grande taille ont tendance, de nos jours, à se déplacer également ainsi.

Sur ce schéma, des primates classés en fonction de la longueur et de la courbure de leurs doigts. Une caractéristique qui semble déterminer la manière dont ils se déplacent. En bleu, ceux qui ne se balancent pas de branche en branche. En rouge, ceux qui le font. En jaune, nos parents dont le mode de déplacement reste à confirmer. © Thomas Cody Prang, Université du Texas

D’autres fossiles indispensables à confirmer cette hypothèse

Ainsi les premiers humains ont-ils probablement conservé quelques caractéristiques d'un ancêtre commun qui ressemblait plus aux chimpanzés qu'à tout autre primate vivant aujourd'hui. C'est tout l'inverse de la conclusion de l'étude de 2009 qui avançait que Ardipithecus ramidus était la preuve que les humains ont évolué à partir d'un ancêtre ne ressemblant - en mode de déplacement au moins - en rien aux autres singes vivants actuellement.

Les auteurs de ces travaux de 2009 persistent aujourd'hui. Selon eux, si les doigts de Ardi ressemblent à ceux des chimpanzés, ses paumes et ses avant-bras sont beaucoup plus courts. Ne permettant pas un déplacement efficace dans les arbres. Un long bassin inférieur et un gros orteil opposable montrent bien par ailleurs que Ardi marchait debout et ne grimpait aux arbres que très occasionnellement.

Pour réussir à trancher, il faudra sans doute aux paléontologues quelques fossiles de singes du Miocène - c'est-à-dire de la période qui précède la séparation entre les Hommes et les chimpanzés - supplémentaires. De quoi mieux étudier les caractéristiques du dernier ancêtre que nous ayons en commun avec le chimpanzé. Trouver des squelettes d'anciens chimpanzés pourrait aussi révéler ce qu'il en est réellement des proportions de leurs mains.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !